L’énergie nucléaire en Iran : histoire et perspective

L’Iran, un pays situé au Moyen-Orient, possède un secteur énergétique diversifié, avec une production d’électricité provenant principalement de centrales thermiques alimentées par des combustibles fossiles (90,6 %), des centrales hydroélectriques (7,2 %) et des centrales nucléaires (2,2 %) [1]. Cet article se concentrera sur l’histoire, les technologies et les projets novateurs en matière d’énergie nucléaire en Iran.

L’Iran a commencé à produire de l’énergie nucléaire en 2011 avec la mise en service de son premier réacteur VVER-1000 à la centrale nucléaire de Bouchehr. Le pays envisage de construire de nouvelles centrales nucléaires et d’explorer des technologies de réacteurs novatrices pour étendre sa production d’énergie nucléaire. Toutefois, le programme nucléaire iranien reste un sujet de préoccupation internationale en raison des questions de prolifération nucléaire et de l’incertitude entourant l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien.

Histoire de la production d’énergie nucléaire en Iran

L’histoire de l’énergie nucléaire en Iran remonte aux années 1950, lorsque le pays a adhéré au programme « Atoms for Peace » des États-Unis [2]. Le programme visait à promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et à faciliter la coopération internationale en matière de recherche et de développement nucléaire. Dans les années 1970, l’Iran a lancé un ambitieux programme nucléaire civil et a commencé la construction de sa première centrale nucléaire à Bouchehr [3]. Toutefois, les travaux ont été interrompus en raison de la révolution iranienne de 1979 et de la guerre Iran-Irak (1980-1988). La construction de la centrale nucléaire de Bouchehr a repris en 1995 avec l’aide de la Russie, qui a fourni des financements et des technologies pour le projet [4]. Après plusieurs retards, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Bouchehr a été mis en service en septembre 2011, marquant le début de la production d’énergie nucléaire en Iran [5].

Technologies de réacteurs nucléaires utilisées en Iran

La centrale nucléaire de Bouchehr est équipée d’un réacteur de type VVER-1000, conçu par la société russe Atomstroyexport [6]. Les réacteurs VVER sont des réacteurs à eau pressurisée (REP) qui utilisent de l’eau ordinaire comme modérateur et fluide de refroidissement, ainsi que de l’uranium enrichi comme combustible [7]. Le réacteur VVER-1000 de Bouchehr a une capacité de 1 000 MWe et est le seul réacteur nucléaire en exploitation en Iran [5].

Projets de centrales et de réacteurs novateurs

L’Iran a l’intention d’étendre sa production d’énergie nucléaire en construisant de nouvelles centrales nucléaires. En novembre 2014, l’Iran et la Russie ont signé un accord pour la construction de deux nouveaux réacteurs VVER-1000 à la centrale nucléaire de Bouchehr, avec la possibilité d’ajouter six réacteurs supplémentaires sur d’autres sites [8]. La construction des deux nouveaux réacteurs à Bouchehr a débuté en 2017, bien que leur achèvement ait été retardé en raison de divers facteurs, notamment des restrictions liées aux sanctions internationales [9].

Outre l’expansion de la centrale de Bouchehr, l’Iran explore également des technologies de réacteurs novatrices. L’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a annoncé en 2018 qu’elle travaillait sur un projet de réacteur à neutrons rapides refroidi au métal liquide, qui pourrait offrir des avantages en matière de sûreté, d’efficacité et de gestion des déchets nucléaires [10]. Cependant, les détails sur ce projet restent limités en raison de la nature sensible du programme nucléaire iranien et des sanctions internationales.

Il est important de noter que le programme nucléaire iranien a suscité des préoccupations internationales concernant la prolifération nucléaire et l’utilisation potentielle de l’énergie nucléaire à des fins militaires. L’accord sur le nucléaire iranien de 2015, également connu sous le nom de Plan d’action global commun (JCPOA), visait à limiter les activités nucléaires de l’Iran en échange d’un allègement des sanctions économiques. Toutefois, les tensions ont augmenté après que les États-Unis se sont retirés de l’accord en 2018 et ont réimposé des sanctions [11]. Depuis lors, l’Iran a pris des mesures pour réduire ses engagements en vertu de l’accord, ce qui a conduit à des négociations internationales en cours pour tenter de rétablir la conformité et de préserver l’accord [12].

Les réacteurs nucléaires d’Iran

Nom du réacteurTechModèleMweTWhConstructionStartGridConnecFacteur de charge
BUSHEHR-1PWRVVERV-44691551.96mai 1975sept. 201165.2%
BUSHEHR-2PWRV-528VVER-1000AES-92GIII+974sept. 2019

Les pays produisant de l’énergie nucléaire

  1. États-Unis : 94 718 GW
  2. France : 61 370 GW
  3. Chine : 53 170 GW
  4. Russie : 27 727 GW
  5. Corée du Sud : 24 489 GW
  6. Japon : 16 321 GW
  7. Canada : 13 624 GW
  8. Ukraine : 13 107 GW

Références :