L’énergie nucléaire en Belgique: histoire et perspectives

En 2020, la répartition de la production d’électricité en Belgique était la suivante : 49,3 % de gaz naturel, 34,1 % d’énergies renouvelables, 15,4 % d’énergie nucléaire et 1,2 % de charbon [1].

L’énergie nucléaire a joué un rôle important dans la production d’électricité en Belgique depuis les années 1970. Cependant, avec l’adoption de la loi sur la sortie progressive de l’énergie nucléaire en 2003, l’avenir de l’énergie nucléaire dans le pays est incertain. La Belgique se concentre désormais sur le développement des énergies renouvelables et participe à des projets de recherche internationaux sur les technologies nucléaires avancées, telles que les petits réacteurs modulaires.

Histoire de la production d’énergie nucléaire en Belgique

L’histoire de l’énergie nucléaire en Belgique remonte aux années 1950, lorsque le pays a commencé à explorer les possibilités offertes par l’énergie atomique. Le premier réacteur nucléaire de recherche, BR1, a été construit en 1956 à Mol, dans le centre de la Belgique [2].

La première centrale nucléaire commerciale belge, Doel, a été mise en service en 1975, suivie par la centrale nucléaire de Tihange en 1977 [3]. Les deux centrales sont exploitées par Electrabel, une filiale du groupe français Engie. Ensemble, elles comptent sept réacteurs qui représentent une capacité totale de près de 6 000 mégawatts électriques (MWe) [4].

Technologies de réacteurs nucléaires utilisées en Belgique

La Belgique utilise principalement des réacteurs à eau pressurisée (REP) pour la production d’énergie nucléaire. Les REP utilisent de l’uranium enrichi comme combustible et de l’eau sous pression comme modérateur et caloporteur.

La centrale de Doel est équipée de quatre réacteurs REP, d’une capacité totale de 2 912 MWe [5]. La centrale de Tihange compte trois réacteurs REP, d’une capacité totale de 3 008 MWe [6]. Ces réacteurs ont été construits avec la collaboration de sociétés françaises et américaines, notamment Framatome (anciennement Areva) et Westinghouse.

Projets de centrales et de réacteurs novateurs

En 2003, la Belgique a adopté une loi prévoyant la sortie progressive de l’énergie nucléaire d’ici 2025 [7]. Toutefois, des discussions sont en cours pour évaluer la possibilité de prolonger la durée de vie de certaines unités nucléaires afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement en électricité. En conséquence, les projets de centrales et de réacteurs novateurs sont limités en Belgique.

Bien que la Belgique soit engagée dans un processus de sortie de l’énergie nucléaire, elle continue de participer à la recherche et au développement dans le domaine de l’énergie nucléaire, notamment en ce qui concerne les petits réacteurs modulaires (SMR). Les SMR sont des réacteurs nucléaires de petite taille et de conception simplifiée, qui pourraient offrir des avantages en termes de coûts de construction et d’adaptabilité aux besoins du réseau électrique. Le Centre d’étude de l’énergie nucléaire (SCK CEN) en Belgique participe à des projets de recherche internationaux sur les SMR [9].

Les réacteurs nucléaires belges

Nom du réacteurTechModèleMweTWhConstructionStartGridConnecDémantèlementFacteur de charge
BR-3PWRPrototype110.76nov. 1957oct. 1962juin 198740.2%
DOEL-1PWRWH2LP392140.37juil. 1969août 197482.2%
TIHANGE-1PWRFramatome3loopsreactor870306.32juin 1970mars 197579.6%
DOEL-2PWRWH2LP445138.68sept. 1971août 197581.6%
DOEL-3PWRWH3LP890270.92janv. 1975juin 1982sept. 202279.1%
TIHANGE-2PWRWH3LP900270.11avr. 1976oct. 1982févr. 202380.0%
TIHANGE-3PWRWH3LP1020289.56nov. 1978juin 198585.9%
DOEL-4PWRWH3LP1000278.87déc. 1978avr. 198583.6%

Les pays produisant de l’énergie nucléaire

  1. États-Unis : 94 718 GW
  2. France : 61 370 GW
  3. Chine : 53 170 GW
  4. Russie : 27 727 GW
  5. Corée du Sud : 24 489 GW
  6. Japon : 16 321 GW
  7. Canada : 13 624 GW
  8. Ukraine : 13 107 GW

Sources