La production d’énergie nucléaire en Russie

La Russie est un acteur majeur dans le domaine de l’énergie nucléaire, tant au niveau de la production que de la technologie. Le pays tire son électricité de diverses sources, dont les combustibles fossiles, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables. En 2020, la répartition de la production d’électricité était la suivante : 61,1% de gaz naturel, 15,6% de charbon, 11,5% d’hydroélectricité, 9,5% d’énergie nucléaire et 2,3% d’autres sources renouvelables [1].

. Les projets de centrales et de réacteurs novateurs en cours de développement, tels que les VVER-TOI, les RMA et les RNR, montrent l’engagement de la Russie envers l’innovation dans le secteur nucléaire. Ces technologies prometteuses pourraient jouer un rôle crucial dans la diversification du bouquet énergétique russe et la réduction de l’empreinte carbone du pays.

Histoire de la production d’énergie nucléaire en Russie

L’histoire de l’énergie nucléaire en Russie remonte aux années 1950, lorsque l’Union soviétique a développé ses premiers réacteurs expérimentaux et militaires. Le premier réacteur nucléaire commercial soviétique, la centrale d’Obninsk, a été mis en service en 1954 [2]. Depuis lors, l’énergie nucléaire a connu une croissance significative, avec une période de construction rapide entre les années 1960 et 1980.

Après la dissolution de l’Union soviétique en 1991, la Russie a hérité de la majorité des installations nucléaires du pays. En 2020, la Russie comptait 38 réacteurs nucléaires en activité, répartis dans 11 centrales [3]. La production d’énergie nucléaire représente environ 19% de la production totale d’électricité en Russie [4].

Technologies de réacteurs nucléaires utilisées en Russie

La Russie utilise principalement deux types de réacteurs nucléaires : les réacteurs à eau pressurisée (REP) et les réacteurs à eau bouillante (REB) de conception soviétique [5]. La plupart des réacteurs en activité en Russie sont des réacteurs de deuxième génération, bien que des réacteurs de troisième génération soient en cours de construction ou de développement.

  1. Réacteurs VVER (REP) : Le VVER (Водо-водяной энергетический реактор, littéralement « réacteur à eau pressurisée ») est le type de réacteur nucléaire le plus courant en Russie [6]. Ces réacteurs utilisent de l’uranium enrichi comme combustible et de l’eau comme modérateur et caloporteur. Les VVER sont conçus pour être plus sûrs et plus efficaces que leurs homologues occidentaux et sont également largement exportés vers d’autres pays.
  2. Réacteurs RBMK (REB) : Le RBMK (Реактор Большой Мощности Канальный, littéralement « réacteur à haut rendement de type canal ») est un type de réacteur à eau bouillante développé par l’Union soviétique [7]. Le RBMK utilise de l’uranium légèrement enrichi comme combustible et de l’eau légère comme modérateur et caloporteur. Le réacteur de Tchernobyl, qui a subi un accident majeur en 1986, était un RBMK. Depuis lors, des améliorations de sécurité ont été apportées à ce type de réacteur, et certains sont encore en activité en Russie.

III. Projets de centrales et de réacteurs novateurs en Russie

La Russie investit dans le développement de nouvelles technologies de réacteurs nucléaires pour améliorer l’efficacité, la sécurité et la durabilité de son parc nucléaire. Parmi les projets novateurs figurent les réacteurs de troisième et quatrième génération, les réacteurs modulaires avancés (RMA) et les réacteurs à neutrons rapides (RNR).

  1. Réacteurs de troisième génération : La Russie développe le réacteur VVER-TOI, une évolution du VVER traditionnel avec une capacité de 1 200 MWe et des améliorations en matière de sécurité et d’efficacité [8]. Plusieurs unités VVER-TOI sont en construction en Russie et à l’étranger.
  2. Réacteurs modulaires avancés (RMA) : La Russie développe également des RMA, des réacteurs nucléaires de petite taille conçus pour être flexibles, sûrs et économiques. Le RITM-200 est un exemple de RMA russe, avec une capacité de 50 MWe et utilisant l’eau légère comme modérateur et caloporteur [9]. Ce type de réacteur est notamment utilisé pour les brise-glaces nucléaires russes.
  3. Réacteurs à neutrons rapides (RNR) : La Russie est un leader mondial dans le développement des RNR, des réacteurs de quatrième génération conçus pour utiliser plus efficacement le combustible nucléaire et réduire la quantité de déchets radioactifs. Le réacteur BN-800, en service depuis 2016, est un exemple de RNR refroidi au sodium [10]. La Russie travaille également sur le développement du réacteur BN-1200, une version plus grande et plus efficace du BN-800 [11].

Les réacteurs nucléaires en Russie

Centrale nucléaireN° du
réacteur
StatutTypeModèleMWeDébut constr.Raccord. au réseauMise à l’arrêt définitif
Obninsk1A l’arrêtRBMKAM-15janv. 1951juin 1954avr. 2002
Novovoronej1A l’arrêtREPVVER V-210197juil. 1957sept. 1964févr. 1988
Beloïarsk1A l’arrêtRBMKAMB-100102juin 1958avr. 1964janv. 1983
Beloïarsk2A l’arrêtRBMKAMB-200146janv. 1962déc. 1967janv. 1990
Novovoronej2A l’arrêtREPVVER V-365336juin 1964déc. 1969août 1990
Novovoronej3A l’arrêtREPVVER V-179385juil. 1967déc. 1971déc. 2016
Novovoronej4OpérationnelREPVVER-440385juil. 1967déc. 1972
Beloïarsk3OpérationnelFBRBN-600560janv. 1969avr. 1980
Bilibino1A l’arrêtRBMKEGP-611janv. 1970janv. 1974janv. 2019
Bilibino2OpérationnelRBMKEGP-611janv. 1970déc. 1974
Bilibino3OpérationnelRBMKEGP-611janv. 1970déc. 1975
Bilibino4OpérationnelRBMKEGP-611janv. 1970déc. 1976
Leningrad1A l’arrêtRBMKRBMK-1000925mars 1970déc. 1973déc. 2018
Kola1OpérationnelREPVVER-440 V-230411mai 1970juin 1973
Kola2OpérationnelREPVVER-440 V-230411mai 1970déc. 1974
Leningrad2A l’arrêtRBMKRBMK-1000925juin 1970juil. 1975nov. 2020
Koursk1A l’arrêtRBMKRBMK-1000925juin 1972déc. 1976déc. 2021
Koursk2OpérationnelRBMKRBMK-1000925janv. 1973janv. 1979
Leningrad3OpérationnelRBMKRBMK-1000925déc. 1973déc. 1979
Novovoronej5OpérationnelREPVVER-1000950mars 1974mai 1980
Leningrad4OpérationnelRBMKRBMK-1000925févr. 1975févr. 1981
Smolensk1OpérationnelRBMKRBMK-1000925oct. 1975déc. 1982
Smolensk2OpérationnelRBMKRBMK-1000925juin 1976mai 1985
Kola4OpérationnelREPVVER-440 V-213411août 1976oct. 1984
Kalinine1OpérationnelREPVVER-1000950févr. 1977mai 1984
Kola3OpérationnelREPVVER-440 V-213411avr. 1977mars 1981
Koursk3OpérationnelRBMKRBMK-1000925avr. 1978oct. 1983
Balakovo1OpérationnelREPVVER-1000950déc. 1980déc. 1985
Koursk4OpérationnelRBMKRBMK-1000925mai 1981déc. 1985
Balakovo2OpérationnelREPVVER-1000950août 1981oct. 1987
Rostov1OpérationnelREPVVER-1000950sept. 1981mars 2001
Kalinine2OpérationnelREPVVER-1000950févr. 1982déc. 1986
Balakovo3OpérationnelREPVVER-1000950nov. 1982déc. 1988
Rostov2OpérationnelREPVVER-1000950mai 1983mars 2010
Balakovo4OpérationnelREPVVER-1000950avr. 1984avr. 1993
Smolensk3OpérationnelRBMKRBMK-1000925mai 1984janv. 1990
Kalinine3OpérationnelREPVVER-1000950oct. 1985déc. 2004
Kalinine4OpérationnelREPVVER-1000950août 1986nov. 2011
Beloïarsk4OpérationnelFBRBN-800789juil. 2006déc. 2015
Akademik Lomonosov1OpérationnelREPKLT-40S32avr. 2007déc. 2019
Akademik Lomonosov2OpérationnelREPKLT-40S32avr. 2007déc. 2019
Novovoronej II1OpérationnelREPVVER-12001114juin 2008août 2016
Leningrad II1OpérationnelREPVVER-12001085oct. 2008févr. 2018
Novovoronej II2OpérationnelREPVVER-12001114juil. 2009mai 2019
Rostov3OpérationnelREPVVER-1000950sept. 2009déc. 2014
Leningrad II2OpérationnelREPVVER-12001085avr. 2010oct. 2020
Rostov4OpérationnelREPVVER-1000950juin 2010févr. 2018
Kaliningrad1En constructionREPVVER V-4911109févr. 2012
Koursk II1En constructionREPVVER V-510K1175avr. 2018
Koursk II2En constructionREPVVER V-510K1175avr. 2019
Brest-OD-300En constructionFBRBREST-OD-300300juin 2021
Les réacteurs nucléaires en Russie

Conclusion

Les pays produisant de l’énergie nucléaire

  1. États-Unis : 94 718 GW
  2. France : 61 370 GW
  3. Chine : 53 170 GW
  4. Russie : 27 727 GW
  5. Corée du Sud : 24 489 GW
  6. Japon : 16 321 GW
  7. Canada : 13 624 GW
  8. Ukraine : 13 107 GW

Sources :