La Suisse n’est pas une grande puissance agricole, mais il est intéressant d’étudier comment change l’agriculture d’un des pays au PIB/hab le plus élevé du monde.
Nous verrons:
- Les principales statistiques
- L’évolution de la production de céréales
- L’évolution de la production de viande
- L’évolution de la production de fruits
- L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
- L’évolution des cultures sucrières
- L’évolution de la production de légumes
- L’évolution de la production d’oléagineux
- L’évolution de la production de légumineuses
- L’évolution de la production de légumineuses
Les statistiques viennent de la FAO et sont disponibles sur FAOstats. J’ai également fait des synthèses de France ; États-Unis ; Brésil ; Chine ; Chili ; Ukraine ; Egypte ; Suisse ; Russie.
Les principales statistiques de la production agricole
L’habituelle domination des céréales
Le principal changement est le recul des tubercules au profit des cultures sucrières, des olégineux et dans une moindre mesure des légumineuses.


Une surface récoltée en diminution
La superficie récoltée en Suisse est en diminution. De 277K ha en 1961, après un pic en 1991 à 310K ha, elle est tombée à 246K ha en 2022.

Présentation par type de culture
L’évolution de la production de céréales
Comme souvent, ce sont les céréales qui occupent l’essentiel de la production. Même si les rendements ont été croissants jusque dans les années 90, la production a diminué depuis en raison d’une diminution de la superficie récoltée, passant de 211Kha en 1990 à 142Kha en 2022.
La répartition des culture est assez étonnante.



En effet, les cultures anciennes ont très bien résisté et la production de céréales est très diversifiée. Le blé et le maïs stagnent depuis les années 90.


Plus surprenant est la progression de l’orge, qui arrive à se maintenir à un niveau 2 fois plus élevé qu’en 1961.


La production d’avoine, si elle a tenu plus longtemps qu’en France, s’est écroulée dans les années 90. Le seigle est en chute constante depuis le milieu des années 60.


L’évolution de la production de viande
La production suisse de Viande a connu une croissance rapide de 1960 à 1980 et stagne depuis.
Comme dans beaucoup de pays, l’élevage de poulet a gagné des parts de marchés, mais il n’est que la 3e source de viande, derrière l’élevage de suidés (= cochons) et de boeufs.






Les viandes de moutons et de chèvres se maintiennent, la première étant même à un niveau 2 fois plus important en 2022 qu’en 1961.


Comme dans les pays occidentaux, l’élevage de viande de cheval et de léporidés, par contre, tend à disparaître.


L’évolution de la production de fruits
La production Suisse de fruits a une progression très étonnante, ayant multiplié sa diversité dans les années 90-2000, tout en ayant tendance à produire moins.
Les pommes et les poires sont restées les cultures principales, malgré le déclin brutal des secondes, mais on a aussi vu arriver plus d’une dizaine de nouvelles productions, à des niveaux significatifs.







D’autres cultures sont plutôt en croissance , comme les fraises et les framboises.


Il y a par ailleurs divers minuscules cultures: kiwis, coings, groseilles … Les melons ont été tentés, mais rapidement abandonnés.





L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
La production de lait de vache stagne


Le miel stagne et, de ma nière un peu surprenante, le lait de brebis est en croissance.


L’évolution des cultures sucrières
La Suisse n’a, comme culture sucrière, que la betterave. Elle a connu une croissance jusqu’en 2014, à 1,9Mt, avant de chuter au niveau du début des années 2000, autour d’1.3Mt.

L’évolution de la production de légumes
La production globale de légumes en Suisse connait une très légère croissance depuis 1961, surtout à partir de 2007. Elle est maintnant de 345Mt, contre 267Mt en 1961.
Les principales cultures, tomates, épinards, carottes/naverts et concombres/cornichons ont connu de belles croissances.







A l’inverse, les choux et choux-fleurs ou brocolis ont connu une forte baisse en 1961.


Plusieurs cultures, absentes en 1961, on fait leur arrivée dans les années 90 et connaissent une croissance stable: aspeges, poireaux et citrouilles/courges/potirons.



L’évolution de la production d’oléagineux
Comme dans la plupart des pays occidentaux, le colza et le tournesol se sont largement développés.
Plus original, la graine de lin, absente en 1961, est arrivée dans les années 2000, mais il s’agit d’une micro-production.
La culture de noix a quant à elle été très irrégulière jusqu’en 1990 et s’est stabilisé à un niveau de production deux fois inférieur à celui qu’elle avait en 1961.







L’évolution de la production de légumineuses
Encore une fois, la Suisse surprend en ayant diversifié sa production agricole. Sa production de légumineuse a aussi augmenté.
Initialement, il n’y avait que des pois frais, mais sont arrivés le soja, les féveroles, les pois secs et même des lupins.








L’évolution de la production de tubercules en Suisse
La culture de tubercules (hors betteraves à sucre comme toujours) en Suisse se résume aux pommes de terres.
Ses rendements stagnent depuis les années 70 et sa production a été divisée par 3.

La production de condiments et assimilés
La production de condiment se résumait essentiellement à la culture d’oignons et d’échalottes jusqu’en 2003, date à laquelle sa production a été divisée par 10.
Au même moment a augmenté la production de piments, évidemment dans de bien moindres proportions.






