Les États-Unis d’Amérique sont une des plus grandes puissances agricoles mondiales, nous allons vous présenter ici les grandes lignes de sa production agricole.
Nous verrons:
- Les principales statistiques
- L’évolution de la production de céréales
- L’évolution de la production de viande
- L’évolution de la production de fruits
- L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
- L’évolution de la production de fibres textiles
- L’évolution des cultures sucrières
- L’évolution de la production de légumes
- L’évolution de la production d’oléagineux
- L’évolution de la production de légumineuses
Les statistiques viennent de la FAO et sont disponibles sur FAOstats. J’ai également fait des synthèses de France ; Brésil ; Chine ; Chili ; Ukraine ; Egypte ; Suisse ; Russie.
Les principales statistiques de la production agricole américaine
La prédominance des céréales
Comme pour la plupart des pays modernes, la production agricole des Etats-Unis d’Amérique est dominée par les céréales: plus de 50.6% des tonnes produites. Néanmoins, et c’est une spécificité de ce pays, c’est la place gigantesque des légumineuses.
En effet, si on regarde les données par production, elles ne représentent que 13.8% du tonnage, mais ce sont des graines de soja, très denses nutritionnellement.
Aussi, quand on voit la superficie récoltée, on note qu’elles ne sont pas loin: 35,7% des surface contre 54.8% pour les céréales !


Le blé détroné par le maïs
Si le blé est la principale céréale dans beaucoup de pays occidentaux, ce n’est pas le cas aux États-Unis, et ce n’est pas récent. Dès 1961, le maïs représente 50.2% des céréales produites. Cette domination devient petit à petit hégémonique: en 2020, le maïs représentait 80.5% des céréales produites aux USA, contre 13.3% pour le blé …


L’explosion des oléagineux
Les cultures oléagineuses sont en constante croissance depuis les années 1960, notamment portée par l’essor du colza et du tournesol. Néanmoins, les États-Unis produisent également beaucoup d’arachides.


L’explosition de la production de poulet
Au niveau de la production américaine de viande, le poulet a explosé entre les années 80 et 2000, passant de 13.5% de la viande produite à 35.4%


La disparition de l’avoine .. marque du machinisme ?
Enfin, un élément qui m’a un peu surpris: la consommation d’avoine connait la même chute constante depuis 1960 qu’en France.
Est-ce que cela peut-être lié à la chute de la traction animale ? J’ai en outre l’impression que cette diminution est plus lente, n’étant pas finie en 1990. Est-ce que cela pourrait être lié à la population mormont ?

Présentation par type de culture
L’évolution de la production de céréales aux États-Unis
Comme pour la plupart des pays déeloppés, les rendements de céréales ont largement augmenté aux États-Unis depuis les années 60, avec des surfaces relativement stables.
Néanmoins, ils ont une particularité: cette croissance n’a pas été emmenée par le blé, mais par le maïs, qui est, comme nous l’avons vu, de très loin la principale céréale américaine et a presque multiplié ses rendements par 3 sur la période, contre moins de 2 pour le blé.



On en parle souvent comme d’une solution innovante aux problèmes de sécheresse, mais le sorgho a plutôt tendance à décliner aux États-Unis, ayant atteint son pic de popularité dans les années 80.
Les céréales « rustiques », l’orge et le seigle, déclinent constamment pour leur part, comme en France.



L’évolution de la production de viande
La production de viande américaine est en croissance constante, mais elle a connu un bouleversement majeur entre les années 80 à 2010, avec l’explosition de la place des élevages de poulet.
Les élevages de cochons augmentent leur production aussi, mais beaucoup moins vite.
La production de viande bovine, quant à elle, stagne.



C’est en fait la viande de poulet qui a progressé très rapidement à partir des années 80, devenant la première viande produite aux États-Unis.
La viande ovine décline. La progression de la production de viande de cheval interroge: comment expliquer ces deux pics en 1978 et 1990 ?



L’évolution de la production de fruits
La production de fruits aux États-Unis est très variée, comprenant de grandes quantités d’oranges, de raisins, de pommes, de pêches, de pastèques, d’ananas, de pamplemousses …
Malgré des rendements globalement croissant, la production est toutefois en baisse. Néanmoins ces données agrégées cachent de très grandes disparités.



Plusieurs cultures tendent à augmenter. Ainsi des fraises, qui viennent prendre 5.5% de la production globale, ou encore des amandes, qui viennent prendre 8.6% ! Le raisin augmente doucement, augmentant de 3.7 points sa part de la production globale (soit une augmentation d’environ 27%).




Des cultures plus secondaires, comme les dattes, les framboises et la canneberge ont aussi de belles croissances.


D’autres produits déclinent, comme les abricots, les pêches et nectarines, pamplemousses … mais aussi la principale culture: les oranges ! C’est probablement ce déclin qui explique l’essentiel de la chute de production globale.




L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)


La production de miel, assez marginale, a pour sa part tendance à décliner.

L’évolution des cultures sucrières
Les deux cultures sucrières, betterave et canne à sucre, sont présentes aux États-Unis, se partageant équitablement le marcher. Leur tendance est légèrement haussière.


L’évolution de la production de fibres textiles
La production de fibre est intégralement dominée par la graine de coton. La surface lui étant allouée varie brutalement. Il serait intéressant de savoir pourquoi.

L’évolution de la production de légumes
La production de légumes connait une étonnante stabilité entre 1960 et 2022. La culture majeure, qui était déjà la tomate, prend une dizaine de points à la catégorie « autres légumes frais ». La part des choux est divisée par deux, trou comblé par les courges, citrouilles et potirons.
On observe pour plusieurs cultures, et globalement au total, une baisse de la production vers 2014 (27,76 Mt).



Comme en France, la production de choux et d’asperges a décliné, sans doute lié à un changement de gout. Notez néanmoins qu’il y avait eu un rebond pour le choux dans les années 2000.


Plusieurs cultures ont eu des croissances surprenantes, comme les champignons, les épinards et les choux fleurs / brocolis. Les données pour les citrouilles, courges et potirons semblent manquer avant 2000.




La chute rapide après 2014 vient des deux cultures principales: les tomates et les salades (ainsi que dans une moindre mesure des champignons, voir supra) :


L’évolution de la production d’oléagineux
Les cultures oléagineuses ont, comme en France, été totalement révolutionnées. La graine de lin et de carthane ont été totalement remplacées par le colza et le tournesol. Je me demande si le maintien de la graine de lin de vient pas de l’intérêt de son huile pour les meubles, parquets et autres surfaces en bois.
Néanmoins, les cultures d’arachides se sont elles maintenu en place.



L’évolution de la production de légumineuses
Enfin, finissons avec les, ou plutôt la, cultures les plus étonnantes aux Etats-Unis: le soj… euh les légumineuses ! Elles ont connu une croissance explosive, voyant leur production être multipliée par 6.
Vous l’aurez deviné, c’est exclusivement (ou presque) dû au soja.



Dans l’épaisseur du trait, il y a quelques cultures dont on peut parler qui ont de jolies croissances depuis peu : pois chiches, lentilles et pois secs.
Leur concomittance me fait suspecter une incitation politique. En effet, les légumineuses sont des cultures populaires (à raison) en raison de leur faible besoin en azote (qu’elles arrivent à capter de l’air) et leur forte teneur en protéines.



L’évolution de la production de légumineuses aux Etats-Unis
La production de tubercules est en hausse légère mais aussez constante, la principale de ces cultures étant la pomme de terre.



Cette croissance est essentiellement emmenée par l’augmentation des rendements des pommes de terres. Les patates douces ont également vu leurs rendements monter, mais cela ne s’est traduit par une plus haute production qu’à partir du milieu des années 2000.


