L’Ukraine fait partie des anciens pays d’URSS, nous n’avons donc pas les données antérieures à la chute de ce dernier. Cette marque soviétique se voit beaucoup à travers les chiffres de son agriculture, très en retard en 1991, qui s’est développée essentiellement vers les cultures les plus rémunératrices.
Nous verrons:
- Les principales statistiques
- L’évolution de la production de céréales
- L’évolution de la production de viande
- L’évolution de la production de fruits
- L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
- L’évolution de la production de fibres textiles
- L’évolution des cultures sucrières
- L’évolution de la production de légumes
- L’évolution de la production d’oléagineux
- L’évolution de la production de légumineuses
- L’évolution de la production de légumineuses
Les statistiques viennent de la FAO et sont disponibles sur FAOstats. J’ai également fait des synthèses de France ; États-Unis ; Brésil ; Chine ; Chili ; Egypte ; Suisse ; Russie.
Les principales statistiques de la production agricole
L’explosion des oléagineux
La principale mutation de l’agriculture ukrainienne est l’explosion de la production d’oléagineux et plus précisemment de tournesol.


Des gains de productivités ambivalents
La plupart des productions ont relativement peu de gains de productivité. On aurait pu penser à une forte hausse au sortir de l’emprise de l’URSS, mais elle est ne fait restée modérée, restant bien en deça de standards occidentaux.
Présentation par type de culture
L’évolution de la production de céréales
On parle beaucoup du blé ukrainien en ce moment. Néanmoins, s’il a dominé la production en 1991, il est maintenant passé derrière le maïs, probablement pour nourrir un autre point fort de l’Ukraine: le poulet.
On note que si les rendements ont été multipliés par 2, ils restent inférieurs aux rendements des pays occidentaux (environ 4t/ha pour le blé et 6-7t/ha pour le maïs contre 8t/ha)





Les céréales, que j’aime qualifier de rustiques (ayant moins d’usages modernes), Orge, seigle et sarrasin, ont rapidement décliné.



Il y a eu une tentative de développer le riz et le sorgho, mais ces deux cultures ont quasiment disparu aujourd’hui. La culture du riz prenant sa principale baisse en 2014, on peut se demander si ce n’est pas lié à la perte de la Crimée.


L’évolution de la production de viande
L’évolution ukrainienne de la viande est sans doute la donnée qui m’a le plus choquée. En effet, je m’attendais à ce que l’élevage industriel se développe plein pot dès que possible, apportant une croissance explosive … mais non. On a en fait plutôt une diminution suivie d’une stagnation.
Mais alors, que s’est-il passé ?
Il y a eu en fait 2 mouvements contraires: d’un côté une chute brutale de la production de viande bovine et porcine et de l’autre une augmentation de la production de viande de poulet.






Toutes les autres productions, mineures, semblent avoir connu une baisse initiale (ovins, canards) ou pas (cheval, dinde), puis stagné. La viande de léporidés et d’oies ont, elles, suivi une tendance à la baisse.






L’évolution de la production de fruits
La production de fruits en Ukraine est globalement stagnante, mais cela cache une forte hausse du rendement couplée à une forte baisse de la surface récoltée, ainsi que qu’une diversification des cultures.
D’un côté on a les principales cultures (pommes, pastèques et raisins) et des secondaires (cassis et groseilles, cerises) qui ont tendance à stagner
D’autres ont une belle tendance croissante: fraise et framboises notamment. A l’inverse, les pèches et nectarines ont tendance à chuter, malgré une forte hausse des rendements.












Il y a deux cultures, qui n’existaient pas en 1991, mais ont rapidement pris une part notable de la production fruitière: les melons et, surprise, les coings (dont la production a largement baissé un peu partout ailleurs).


L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
La production de produits animaliers a apparemment un peu régressé, mais il y a en fait eu une mutation radicale, notamment au niveau de la balance lait de vache / oeufs de poules.
En effet, alors même que les oeufs sont plus denses (2x les lipides et 4x les protéines/100g) et qu’ils représentant la moitié du tonnage de lait en 1961, cette proportion s’est inversé, et il y a 2 fois plus de tonnes d’oeufs que de lait produit en Ukraine en 2020.



La chute de la production de lait est constante depuis 1961, malgré un doublement de la productivité des vaches laitières, passant de 2.3t/vache/an à 5.2t/vache/an. Beaucoup moins qu’en France (7,4t/vache/an) ou aux Etats-Unis (10,95t/vache/an).


L’évolution des cultures sucrières
Seule la betterave à sucre est cultivée en Ukraine. La production est en chute constante, même si les rendements ont été plus que multipliés par 2.

L’évolution de la production de fibres textiles
La production de fibre en Ukraine est devenue quasi-inexistante. Je passe.



L’évolution de la production de légumes
La production de légume en Ukraine est (ou plutôt était, vu que la guerre semble l’avoir brutalement réduit) en augmentation, doublant sur la période étudiée. De manière assez surprenante, la répartition entre cultures semble quasiment identique.
Néanmoins, il y a eu une diversification, avec l’arrivée de nouvelles cultures: champignons et épinards. A l’inverse, les laitues et chicorées ont quasiment disparues d’une année sur l’autre.






La production de concombres, de tomates, de choux, de carottes et navets est en augmentation constante (sauf pour 2022 encore).



D’autres cultures ont une évolution plus irrégulières, comme les choux fleurs et brocolis, les citrouilles et courges et les auvergines.



L’évolution de la production d’oléagineux
On retrouve un type de culture qui tend à augmenter brutalement dans beaucoup de pays, grâce à des rendements en hausse et une forte demande.
C’est le cas en Ukraine, dont la production de tournesol et de colza a connu une croissance explosive.





A part ces deux cultures, on note une stagnation assez erratique de la graine de lin et une production croissante de noix.


L’évolution de la production de légumineuses
Les légumineuses ukrainiennes ont suivi le chemin de beaucoup d’agricultures avec la domination des légumineuses et une stagnation – régression des auctres cultures.
Notez qu’ont été testé d’autres cultures, les lentilles et les lupins, sans succès.









L’évolution de la production de tubercules en Ukraine
La production de tubercules en Ukraine se résume à la pomme de terre. C’est assez original: tout stagne.

La production de condiments et assimilés
La production ukrainienne de condiments est en forte augmentation, portée par la multiplication par 3 des rendements. Les principales cultures sont l’ail et, surprise, le piment.
Les oignons et échalottes ont vu leur production exploser d’un coup. L’évolution de la moutarde est aussi étonnante, dépassant d’un coup les 125kt, avant de redescendre, puis de retomber à 14,1kt.








