La Chine n’est pas un grand exportateur de biens agricoles et pour une bonne raison, elle a déjà plus d’un milliard de personnes à nourrir ! Son agriculture est en fait plus importante que celle des grandes puissances exportatrices, comme la France, du Brésil et des États-Unis.
Nous verrons:
- Les principales statistiques
- L’évolution de la production de céréales
- L’évolution de la production de viande
- L’évolution de la production de fruits
- L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
- L’évolution de la production de fibres textiles
- L’évolution des cultures sucrières
- L’évolution de la production de légumes
- L’évolution de la production d’oléagineux
- L’évolution de la production de légumineuses
- L’évolution de la production de légumineuses
Les statistiques viennent de la FAO et sont disponibles sur FAOstats. J’ai également fait des synthèses de France ; États-Unis ; Brésil ; Chili ; Ukraine ; Egypte ; Suisse ; Russie.
Les principales statistiques de la production agricole
Une surface cultivée en augmentation
La surface cultivée en Chine a augmenté depuis 1961, passant de 136.01 millions d’hectares récoltés à 182.2 millions en 2022.
C’est très original, les pays exploitant déjà leur surface maximale, sauf par exemple le Brésil, qui gagne de la surface agricole sur l’Amazonie.

Une production agricole dominée par les céréales se diversifiant ?
Comme beaucoup de pays, l’agriculture chinoise est dominée par la production de céréales. Néanmoins, son évolution semble assez atypique, avec le développement des légumes, des fruits et des condiments (la croissance des oléagineux est assez classique). C’est probablement lié à l’enrichissement de la population, qui souhaite enrichir gustativement son alimentation.


Présentation par type de culture
L’évolution de la production de céréales
La production céréalière chinois est pour le moins surprenante. Tout d’abord, on observe que, dès 1961, elle était très diversifiée, le riz ne représentant qu’environ 40% de la production. On a un peu toutes les céréales du monde: blé, maïs, mils, orge, sorgho … ils avaient même du blé noir ! (pour la diaspora bretonne ?)
Le paysage de 2020 est plus uniforme. On aurait pu penser que la céréale principale, le riz, aurait renforcé sa dominance, comme le blé en France. Et non ! Sa proportion a en fait reculé au profit du maïs.



La production de riz a globalement stagné à partir des années 90, malgré une hausse de rendements. Au contraire, le blé et, surtout, le maïs ont continué à croitre. Cette évolution pourrait être liée à l’évolution des habitudes alimentaires des chinois.
L’explosion du maïs est probablement liée à l’élevage et de blé à tout ce qui est boulangerie – patisserie.
En somme, ils ont arrêté de ne manger que du riz.



Les céréales rustiques, par contre, ont largement disparues:




L’évolution de la production de viande
La production de viande a explosé depuis 1961: elle a été multipliée par plus de 42 ! Ce qui est le plus étonnant, c’est que la proportion de consommation est relativement stable.
Elle s’est même diversifiée, la porportion d’oie, de caprins (= chèvres), de canards et d’ovins ayant augmenté. La production de viande bovine a augmenté, mais reste marginale.



La plupart des principales courbes ont la même forme, une exponentielle à partir du début des années 90, sauf la viande de porc, qui commence sa croissance dès le début et connait sa principale accélération dans les années 80. La viande de buffle des 10 fois plus faible que la viande bovine, mais reste significative.




Plusieurs élevages secondaires ont largement augmenté: les caprins (chèvres), ovins (moutons), d’oies et de canards.




Il y a eu une augmentation brutale de la production de viande de cheval, d’âne et de mulets au tout début des années 90. Les deux dernières ce sont ensuite effondrées au milieu des années 2010, alors que la première persiste aujourd’hui.
L’augmentation ressemble au résultat d’une politique publique. Il serait intéressant de savoir laquelle.



Parmi les autres élevages de niches, on peut noter les camélidés et les léporidés (les chameaux/dromadaires et les lapins en somme). La progression de la viande de lapins est intéressante, parce qu’elle suit dans un premier temps la même trajectoire que d’autres viandes,


L’évolution de la production de fruits
Contrairement à plusieurs pays occidentaux, la production de fruit chinoise a augmenté en quantité et en diversité.
La pastèque, auparavant archi dominante, a vu sa part divisée par deux, pour laisser place à de nombreuses autres cultures.



La plupart des productions ont connu une croissance explosive, à partir de 1990 ou de 2000, en raison d’une hausse de rendements








Pour d’autres, la croissance vient aussi de l’allocation de nouvelles terres.









L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
La Chine produit beaucoup d’oeufs, mais très peu de lait. La production de lait de vache a augmenté brutalement à partir de 2001.
On note aussi une grande variété: laits de bufflesse, de chamelle, de brebis, de chèvre … Mais en faibles quantités.





La production de miel tend aussi à augmenter.

L’évolution des cultures sucrières
Les cultures sucrières chinoises sont dominées par la canne à sucre (~90%). Les surfaces de betterave tendent à reculer, malgré des rendements croissants jusqu’en 2015.



L’évolution de la production de fibres textiles
Globalement, l’évolution des fibres textiles en Chine se résume, comme un peu partout, à l’évolution du coton. Les autres cultures (chanvre, jute, kénaf, ramie, sisal et lin) ont toutes quasiment disparu.



Deux cultures me semblent néanmoins intéressantes: le lin et le ramie. Elles ont en effet connu un premier succès dans les années 2000 avant de s’éteindre quasi-complètement.


L’évolution de la production de légumes



L’évolution de la production d’oléagineux
Les oléagineux ont connu une belle croissance, mais qui n’est pas comparable à l’enthousiasme dont ils ont été l’objet dans les pays occidentaux. Ils suivent en effet d’une part la croissance du reste de l’agriculture chinoise et d’autre part, même si le colza et le tournesol ont une plus grande part de marché qu’en 1960, cela représente moins de 25%, alors que pour les pays occidentaux, c’est plus de l’ordre de >80%. C’est surtout lié à la place des arachides non décortiquées, qui ont conservé et même affirmé leur place de leader de la catégorie.



L’évolution de la production de légumineuses
Le production de légumineuse est moins explosive que celle des autres groupes de cultures, notamment parce qu’on part de plus haut. Si la culture principale reste la fève de soja, les autres cultures changent beaucoup.
Ainsi les pois frais (petits pois) se taillent la part du lion, passant d’inexistant à dominant, avec 26% de la production. Les pois secs, féverolles et haricots secs, eux, déclinent, leurs rendements n’évoluant pas beaucoup.








L’évolution de la production de tubercules en Chine
La production de tubercules en Chine est assez simple: des pommes de terres et des patates douces. La production des secondes a décliné quand celle des premières a augmenté rapidement à partir du début des années 90.
Il y a deux autres cultures: le manioc et le taro, dont les production augmentent constamment.





La production de condiments et assimilés
La production de condiments est essentiellement composée d’ail et de piment. Les feuilles de thé, très minoritaires en 1961, se sont néanmoins imposées comme la 3e culture principale, d’une ampleur comparable aux deux autres.
Parmi les cultures secondaires, il y a notamment les oignons et échalote, l’anis, le ginvembre, la moutarde, le clou de girofle et le poivre.











