Le Brésil est une des plus grandes puissances agricoles mondiales, nous allons vous présenter ici les grandes lignes de sa production agricole.
Nous verrons:
- Les principales statistiques
- L’évolution de la production de céréales
- L’évolution de la production de viande
- L’évolution de la production de fruits
- L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
- L’évolution de la production de fibres textiles
- L’évolution des cultures sucrières
- L’évolution de la production de légumes
- L’évolution de la production d’oléagineux
- L’évolution de la production de légumineuses
Les statistiques viennent de la FAO et sont disponibles sur FAOstats. J’ai également fait des synthèses de France ; États-Unis ; Chine ; Chili ; Ukraine ; Egypte ; Suisse ; Russie.
Les principales statistiques de la production agricole brésilienne
La prédominance des céréales … ou pas !
Les céréales sont la base de l’alimentation de la plupart des pays. Riz, blé, maïs … On peut presque en déduire l’influence des différentes cultures à travers ce qui est mangé. Néanmoins, le Brésil a connu une révolution assez extraordinaire: la production de céréales a été dépassée par les légumineuses, dont, vous l’aurez devine, le soja.


Le poids du sucre
Toutes les cultures ne sont pas également « denses ». Ainsi, les céréales, principalement composées d’amidon, sont parmi les plus denses, mais moins que les cultures oléagineuses et que certaines légumineuses. D’autres, le sont beaucoup moins.
On voit bien cette différence quand on regarde les production brésiliennes. Les cultures sucrières, occupant pourtant une partie limitée des surfaces récoltées brésiliennes, représentent plus de 3 fois le poids des céréales et légumineuses réunies !

Une superficie cultivée en croissance
Le Brésil, cela ne vous étonnera sans doute pas, a vu sa superficie cultivée augmenter radicalement depuis 1960, étant multipliée par plus de 3 !

Un élevage essentiellement tourné vers la viande
Enfin, une autre particularité du Brésil qui saute aux yeux est que l’industrie laitière semble dominée par l’élevage de viande. En effet, leurs volumes de production sont comparables, alors que la viande vaut beaucoup plus cher que le lait. Il faudrait que je regarde les chiffres d’affaires comparés, mais on doit être de l’ordre du x5 ou x10 pour la viande.
Présentation par type de culture
L’évolution de la production de céréales au Brésil
Les rendements céréaliers ont été multipliés par 3 entre 1990 et 2020. Cette progression a surtout profité au maïs, qui s’est imposé sur le riz, achevant sa domination sur les cultures céréalières brésiliennes.



Les cultures principales, blé, maïs et riz voient tous leurs rendements augmenter de manière comparable, mais c’est le maïs qui s’impose.



Plusieurs productions pourraient être portées par la demande des élevages, comme l’avoine, la triticale, le sorgho et peut-être l’orge, qui connaissent une belle croissance, même s’il s’agit de cultures très secondaires.




L’évolution de la production de viande
La production de viande a connu une croissance explosive au Brésil dès les années 60, avec une accélération au milieu des années 80.
L’élevage de porc et de bovin ont augmenté moins vite que la viande de poulet.



Outre ces grandes tendances, on observe une augmentation de la viande caprine (= les chèvres) et, surtout, de la viande de dinde (même si l’entousiasme des années 2000 a rapidement disparu).


Au contraire, la viande de cheval et de lapin ont largement diminué, suggérant que l’effet « animaux domestiques » joue dans le monde entier, ou bien que ce sont des élevages peu compétitifs.


L’évolution de la production de fruits
Contrairement à la France et aux États-Unis, la production de fruits a explosé au Brésil, principalement menée par la production d’oranges. La production de bananes, qui dominait avant, a progressé moins vite, voyant sa part divisée par 2.



Plusieurs productions ont eu des effets de mode et atteint un plateau. C’est le cas de la production d’oranges, qui s’est terminé dans les années 90.
La pastèque, la pomme d’acajou, la noix de coco et la papaye ont, pour leur part, atteint leur pic dans les années 2000.





Plusieurs fruits sont néanmoins toujours en croissance : les mangues, les raisins et les citrons.




L’évolution de la production de produits animaliers (oeufs et lait essentiellement)
La production de produits animaliers est, comme souvent dominée en poids par le lait de vache, ce qui peut être trompeur, ce dernier étant une matière beaucoup moins dense qu’un oeuf de poule ou une peau de bovin.


La production de lait de vache a radicament augmenté, étant multipliée par plus de 6.5 depuis 1960. La production d’oeufs aussi a explosé, passant d’une quasi absence en 1960 à plusieurs millions de tonnes dans les années 2010. Néanmoins ce production a subi un revers et semble sur une pente descendante.
Plus original, la production de peaux et cuirs de bovins est en forte hausse, sans doute portée par la production de viande.



Notez que la production de miel s’y porte bien et augmente rapidement.

L’évolution des cultures sucrières
Comme nous l’avons vu plus haut, c’est la principale culture en termes de poids: la canne à sucre. Elle a explosé dans les années 2000, étant multipliée par 2 en quelques années, avant d’atteindre un plateau.

L’évolution de la production de fibres textiles
L’évolution de la production de fibres textiles est ambivalente. Il ne s’agit clairement pas du point fort du Brésil. Elle a connu une chute jusqu’en 2000, avant de revenir sur une pente ascendente. On note l’extinction de la fibre de Sisal au profit du coton.



Les cultures de jute et le « ramie » ont également disparu.


L’évolution de la production de légumes
La production de légume semble secondaire, mais en hausse croissante. On note l’importance des tomates fraiches. Les avocats et l’igname sont également une culture importante.
Malheureusement, il n’y a pas de précision sur la catégorie « Autres légumes frais N.A.C. », qui est pourtant extrêmement importante ici.



L’évolution de la production d’oléagineux
La production d’oléagineux n’a pas connu au Brésil la croissance explosive qu’elle a connu dans les pays occidentaux et elle est globalement au même niveau que dans les années 60. Néanmoins, c’est un agrégat qui dissimule plusieurs évolutions importantes.



On observe d’abord que les variations de la production suit globalement la production d’arachides.
En face, l’une des principales cultures, la graine de ricin, a quasiment disparu. Ont pris sa place le tournesol et le colza.
Détail original, le sésame est récemment arrivé: va-t-il se développer durablement ?





L’évolution de la production de légumineuses
Les légumineuses, quasi-inexistantes en 1960, ont explosé et sont devenues la principale culture du Brésil avec une seule espèce: le soja.
Les légumineuses existantes, les haricots secs et les féverolles ont stagné ou régressé.





L’évolution de la production de tubercules au Brésil
Les tubercules ne sont pas des cultures très dynamiques au Brésil. La production globale stagne.
A l’intérieur, trois tendances: le déclin puis la stagnation des patates douces, la stagnation du manioc et la croissance des pommes de terre, qui restent secondaires.






La production de condiments&like au Brésil
Alors j’ai mis dans l’ensemble condiments un peu tout ce qui n’a pas un but directement nutritionnel. Pour le Brésil, cela désigne essentiellement le café et le cacao.
Les feuilles de maté ont connu une croissance importante depuis les années 2000, qui semble avoir tendance à continuer.
Point original, que j’ai vu plusieurs fois: l’ail frais augmente beaucoup.







