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Résumé : Les circuits courts de distribution ne se limitent pas à l’alimentation et les circuits courts pourraient aussi porter sur la “production”.

Circuit court de distribution alimentaire : le marché

Avec le confinement dû au coronavirus, les circuits courts ont connu une affluence extraordinaire, nombre d’entre eux ayant multiplié leurs ventes. Mais de quoi parle-t-on ?

Comme nous l’avons vu dans notre article sur la définition des circuits courts, cette expression décrit en fait les circuits courts de distribution alimentaire.

Nous avons réfléchi dans un autre article sur d’autres types de circuits courts, comme ceux proposant des fleurs, et si on ne pouvait pas parler de circuit courts pour les services avec les plateformes d’intermédiation.

Ici nous réfléchirons plus à la nature de cette logistique : que sont les circuits courts de distribution ? Ne peut-on pas imaginer des circuits courts de production ?

Circuit de distribution ou de production

La notion de “circuit de distribution” est assez ambigüe : pour une entreprise, cela voudra souvent dire “comment elle vend”, c’est-à-dire comment elle atteint sont client direct.

Toutefois, nous nous plaçons à une échelle plus haute, nous définirons ce circuit comme allant de la production à l’utilisateur ou au consommateur final.

Au contraire, le circuit de production consisterait au lien entre les différents acteur du circuit de production / transformation du bien. Par exemple, une vente de légumes et de viandes à la restauration serait un circuit de production.

Notez que je n’ai pas trouvé beaucoup de littérature claire sur la question. Si vous n’êtes pas d’accord avec ces définitions, n’hésitez pas à m’en faire part.

Les circuits courts de distribution

On peut définir de circuit court de distribution lorsqu’il y a peu ou pas d’intermédiaire entre le producteur et le client final.

Cela s’oppose au modèle du circuit long, marque d’un système économique très centralisé, où le producteur va transmettre son bien à une suite d’intermédiaires qui font le faire passer sur des marchés de volumes de plus en plus gros, puis de plus en plus petits, pour arriver finalement à l’utilisateur.

Ce sont des logistiques très différentes à de nombreux points de vue.

Les effets positifs sont, en principe :

  • La diminution des coûts logistiques
  • Une répartition de la valeur plus favorable au producteur
  • Une relation de confiance sur la durée entre les participants

Parmi les effets négatifs, on compte, mécaniquement :

  • La moindre flexibilité pour les cocontractants, qui sont liés l’un à l’autre sur la durée
  • la diminution des économies d’échelle

Les circuits courts de production

Maintenant, on peut se demander : n’existe-t-il pas des circuits courts de production, c’est-à-dire qui s’inscrivent dans une logique de production d’un bien qui a, ensuite, vocation à etre distribué ?

Circuits courts de production alimentaire

On retrouve cette idée dans certains circuits courts alimentaires, dans lesquels les agriculteurs vendent leurs denrées à des services de restaurations, restaurants ou cantines. L’aliment est alors transformé en repas, puis distribué.

Un aspect de l’écologie industrielle ?

On la retrouve aussi derrière l’idée d’écologie industrielle :

Ainsi dans un système industriel traditionnel, chaque opération de transformation, indépendamment des autres, consomme des matières premières, fournit des produits que l’on vend et des déchets que l’on stocke. On doit remplacer cette méthode simpliste par un modèle plus intégré : un écosystème industriel.

FROSCH, R. A, GALLOPOULOS, N. E. (1989), Strategies for Manufacturing, Scientific American, 261, Special Issue Managing Planet Earth, September, 144-152. Traduction française, Des stratégies industrielles viables, Pour la Science, 145, 106-115.

Celle-ci a été notamment illustrée par le célèbre complexe de Kalundborg au Danemark.

Voici un schéma la décrivant :

https://www.cairn.info/loadimg.php?FILE=INNO/INNO_050/INNO_050_0065/INNO_id9782807390010_pu2016-02s_sa04_art04_img001.jpg
Source : https://www.cairn.info/revue-innovations-2016-2-page-65.htm?contenu=article

Voilà le résumé :

La symbiose comprend une centrale électrique (Asnaes), une raffinerie de pétrole (Statoil), une société de biotechnologie et de produits pharmaceutiques (Groupe Novo), un producteur de plaques de plâtre (Gyproc), une société de décontamination des sols (Soilrem). Les flux de matières (eau, déchets solides) et d’énergies (chaleur, vapeur) constituent les principaux produits ou sous-produits. Par exemple, la centrale électrique produit de la chaleur pour la ville de Kalundborg, de la vapeur pour Novo et la raffinerie Statoil. De l’eau chaude ayant servi au refroidissement de la centrale est acheminée vers une ferme piscicole (ce qui permet une production de poissons à grande échelle).

FROSCH, R. A, GALLOPOULOS, N. E. (1989), Strategies for Manufacturing, Scientific American, 261, Special Issue Managing Planet Earth, September, 144-152. Traduction française, Des stratégies industrielles viables, Pour la Science, 145, 106-115.

Fait marquant avec ce complexe est qu’il a été créé “organiquement”, sans planification antérieure; bien avant avant que la notion d’écologie industrielle ait été “inventée”.

L’industrie du futur sera-t-elle en circuit court ?

On peut se demander si l’industrie n’a pas vocation à raccourcir ses circuits de production. On retrouve fondamentalement les mêmes problématiques que pour les circuits courts alimentaires : on perd les effets d’échelles, mais on gagne une relation individuelle et une diminution d’intermédiaire.

Avec la montée en puissance de l’éthique environnementale et sociale comme facteur d’attractivité des marques, se rapprocher de ses fournisseurs pourrait devenir crucial.

Pour aller plus loin :

Diemer, Arnaud. « Les symbioses industrielles : un nouveau champ d’analyse pour l’économie industrielle », Innovations, vol. 50, no. 2, 2016, pp. 65-94.


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