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  • Les circuits courts alimentaires sont variés et peuvent comprendre les marchés, la vente à la ferme, les points de vente collectifs, les AMAP et même des plateformes en ligne.

Comme nous l’avons vu dans notre définition des circuits courts, cette expression désigne avant tout les circuits courts alimentaires. Nous allons voir maintenant ce que cette expression recouvre. On distingue :

  • Les marchés
  • La vente à la ferme
  • Les points de vente collectifs
  • Les AMAP
  • Les plateformes en lignes

Je parle, dans un autre article, des circuits courts non-alimentaires.

Marché

Couvert, en plein air ou forain, c’est le rendez vous du matin pour acheter ses produits frais : le marché. On y va surtout pour les légumes, mais on peut aussi trouver du fromage, des produits transformés ou même du non-alimentaire (on voit par exemple des livres sur les étals de Paris). Ils sont gérés par les mairies.

Il y a, en France, 8000 marchés implantés sur 6000 communes, dont 62% comptent moins de 25 étals.

Le chiffre d’affaires total généré par l’alimentaire dans les marchés du Rhone était estimé à 289 millions d’euros en 2001. Ils représenteraient 35% des achats de fruits et légumes en 2006, contre 22-25% nationalement.

Schmutz-Poussineau présente une intéressante description des enjeux commerciaux et marketing du choix d’exposer dans les marchés. Il s’agit notamment pour l’exploitant :

  • de choisir son marché en prenant en compte la proximité et l’affluence, qui s’opposent souvent (rural ou urbain)
  • d’être conforme à la réglementation, ce qui peut supposer des coûts supplémentaires, notamment pour la vente de viande
  • d’avoir une certaine consistance dans les pratiques pour fidéliser les clients

En bref, les marchés sont l’un des principaux moyens de distribuer des fruits et légumes et supposent, pour les exploitants, des réflexions centrées sur la logistique (comme y aller et avoir une place) et le commercial (vais-je avoir assez de client), la présence supposant un certain investissement temporel.

Source :

Schmutz-Poussineau, A. (2008). Chapitre 2. La vente directe sur les marchés. Dans : Gilles Maréchal éd., Les circuits courts alimentaires: Bien manger dans les territoires (pp. 31-44). Dijon cedex, France: Educagri éditions.

Vente à la ferme

Si vous vous êtes baladés en campagne, vous avez sans doute dû voir des écriteaux décrivant des fruits et légumes ou du vin vendu vendus directement par leur producteur. C’est ce qu’on appelle la “vente à la ferme”, consiste, comme son nom l’indique, à vendre le produit sur son lieu de production : la ferme.

Sans doute plus que pour le marché, cette pratique au ne dimension relationnelle importante : les clients voient directement d’où viennent leurs produits et ils viennent pour voir cet exploitant spécifiquement (contrairement au marché, où vous pouvez parler à de nombreuses personnes différentes).

“Ce sont des motivations économiques et relationnelles qui semblent motiver le choix de ce type de vente. Rompre l’isolement, avoir des retours positifs sur son travail, revaloriser le métier d’agriculteur tout en confortant économiquement son exploitation sont autant d’éléments qui guident le choix des agriculteurs.”

Villard, Serge. « Chapitre 3. Les ventes directes à la ferme », Gilles Maréchal éd., Les circuits courts alimentaires. Bien manger dans les territoires. Educagri éditions, 2008, pp. 45-53.

Il y a beaucoup moins de contraintes pour l’exploitant sur le plan logistique (forcément, il est chez lui), toutefois il y a trois gros défauts :

  • il faut parfois des aménagements pour recevoir les clients, comme un local dédié ou un parking, et respecter des règles d’hygiène, ce qui peut demander une formation.
  • l’exploitant doit être à disposition ; peut être interrompu, sauf s’il a une personne dédiée (qu’il faut payer du coup)
  • vous avez très peu de “flux organique”, organiser la communication autour de sa ferme est difficile.

Il y a plusieurs variantes de ventes à la ferme, comme le “libre service”, où vous ramassez vous-mêmes vos légumes, les fermes-auberges ou encore les “marché à la ferme”, où plusieurs fermiers exposent.

Lors du confinement, on a vu fleurir des application répertoriant toutes les fermes vendant des produits en direct.

Source :

Villard, Serge. « Chapitre 3. Les ventes directes à la ferme », Gilles Maréchal éd., Les circuits courts alimentaires. Bien manger dans les territoires. Educagri éditions, 2008, pp. 45-53.

Les points de vente collectifs

A mis-chemin entre la vente à la ferme et le marché, on trouve les points de vente collectifs / magasins de producteurs. Plusieurs exploitants mettent en commun leurs moyens pour avoir un magasin et y vendre leur produits.

L’avantage est de pouvoir être plus facilement en contact avec le client, qui a du coup plus de choix, et de mutualiser le prix de la vente (notamment le fait d’avoir une personne sur place). En contrepartie, chacun paie 12% du prix de vente à la structure pour couvrir les frais.

Cette méthode est assez récente :

En 1978, sept agriculteurs créent le premier point de vente collectif de France à Mornant, dans le département du Rhône. Il est alors perçu comme une « initiative d’agriculteurs farfelus » par les institutions agricoles et ne rencontre pas de soutien de leur part. Dans les années quatre-vingt, sept autres projets voient le jour sur la région Rhône-Alpes.

Montet, C. (2008). Chapitre 4. Les points de vente collectifs. Dans : Gilles Maréchal éd., Les circuits courts alimentaires: Bien manger dans les territoires (pp. 55-64). Dijon, Educagri éditions.

Ce circuits représente en général “au moins 20 % du chiffre d’affaires de l’exploitation agricole ainsi que son principal débouché.” Certains magasins peuvent aller jusqu’à 300m² et générer 3 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Source:

Montet, C. (2008). Chapitre 4. Les points de vente collectifs. Dans : Gilles Maréchal éd., Les circuits courts alimentaires: Bien manger dans les territoires (pp. 55-64). Dijon, Educagri éditions.

AMAP

Les AMAP sont des innovations assez récentes qui ont, les premières, vraiment rénové le modèle du circuit court alimentaire. Les AMAP, inspirées des Teikei japonais, sont apparues en 2001 en France, dans le Var.

Voir cet article pour plus de précision sur l’histoire des circuits courts.

Le principe des AMAP est un contrat entre les consommateurs, qui s’engagent à acheter un panier chaque semaine, et les producteurs, qui s’engagent à leur fournir des produits frais. On a en général des groupes d’exploitations, pour avoir une plus grande variété d’aliments. Il s’agit principalement de légumes et parfois de fruits. Ainsi, l’exploitant a, dès le début de la saison, la certitude d’écouler sa culture et la trésorerie en avance.

La grosse innovation est, à mon sens, l’absence de choix, tant sur les produits que sur le moment :

  • pour le consommateur, cela a un bénéfice : il n’a pas besoin de se poser la question et se laisse surprendre; il peut ancrer le fait d’aller chercher son panier dans sa routine
  • pour le producteur, évidemment, cela lui permet d’être libéré du marché : on lui fait confiance pour cultiver des fruits ou légumes intéressants

Cela simplifie beaucoup la logistique. Toutefois, l’absence de choix est évidemment aussi une contrainte pour le client, qui n’a pas forcément le temps.

Notez qu’il faut, pour pouvoir se qualifier d’AMAP, adhérer à une charte défendant trois objectifs : “un aspect économique, social et solidaire ; la protection de l’environnement ; une alimentation saine et diversifiée et en quantité suffisante, ainsi qu’une dimension citoyenne et politique.”

Leur nombre augmente très rapidement : il y en avait entre 500 et 700 en 2007 et “le nombre de créations annuelles dépasserait la centaine.”

Notez qu’il y a de nombreuses sortes de “groupements d’achats”, dans lesquels s’inscrivent les AMAP. Toutefois, je n’ai pas trouvé pertinent de les développer, vu que ce sont elles qui semblent vraiment dominer.

Source : Aubrée, P. (2008). Chapitre 5. Les paniers et groupements d’achat. Dans : Gilles Maréchal éd., Les circuits courts alimentaires: Bien manger dans les territoires (pp. 65-76). Dijon cedex, France: Educagri éditions.

Nouveaux circuits et perspectives

De nombreuses formes de circuits courts alimentaires sont en train de se développer. Une des principales tendances, qui me semble du reste avoir le plus de potentiel, est la place de marché en ligne :

  • les produits viennent directement du producteur, on retrouve une logique éthique ;
  • il y a, en principe, la logique locale, de proximité

Toutefois, on perd totalement la logique relationnelle.

Le mot de la fin : Vous voyez qu’il y a de nombreuses formes de circuits courts alimentaires. Du coup, lorsqu’il y en a un nouveau qui arrive, il faut se demander : quel impact aura-t-il sur les autres?

Pour aller plus loin :

Les circuits courts de distribution et de production

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