Comwatt est une startup française qui optimise le déclenchement de vos appareils électriques en fonction de la disponibilité d’énergie photovoltaïque, augmentant la rentabilité de vos panneaux.
Nous l’avons classé dans la catégorie « Production d’électricité bas carbone« .
Grégory Lamotte, le président de Comwatt, a très gentiment accepté de répondre à nos questions. Un grand merci à lui 🙂

Quels sont les enjeux environnementaux auxquels Comwatt répond ?
Dans le contexte actuel tout le monde comprend bien il y a un problème environnemental. Tout le monde est d’accord pour partager ce constat, mais il est difficile de savoir par quoi commencer. Beaucoup de personnes attendent que le gouvernement vote des lois ou qu’il prenne des décisions pour eux afin de régler ce problème, mais la solution ne viendra pas d’en haut, il viendra d’en bas, du citoyen.
Nous avons donc développé une technologie qui permet aux citoyens de comprendre leur consommation d’énergie, de la réduire, de diminuer son impact environnemental et de produire un maximum d’énergie renouvelable sur le lieu de consommation. À ce jour nous avons commercialisé 20 000 installations en France qui permettent à nos clients de réduire leur facture de plus de 70 %.
Quelle solution apporte Comwatt ?
Notre solution est une technologie à base d’objets connectés. Tout le monde a internet maintenant et tout le monde a des équipements électriques. Comwatt est une technologie qui permet de faire le pont entre Internet et vos équipements.
Notre solution combine des objets connectés et un logiciel pour mesurer et piloter vos équipements en temps réel grâce l’intelligence artificielle. Notre solution est installée est commercialisée par un réseau d’artisans conventionnés.
Quelle valeur ajoutée apportez vous à vos clients ?
Notre technologie permet de déplacer les consommations. Si vous mettez des panneaux solaires sur votre toiture pour réduire votre facture vous vous rendrez rapidement compte que les panneaux solaires ne vont pas produire d’électricité au moment où vous en avez le plus besoin. Car les panneaux solaires vont produire en milieu de journée principalement alors que vous n’êtes pas souvent chez vous.
Si vous décidez de vous équiper en autoconsommation avec des panneaux solaires et que vous n’utilisez pas la technologie Comwatt vous allez réduire simplement votre facture de 20 % qui correspond au recrutement entre le moment où vous produisez et le moment où vous consommez.
Avec la technologie Comwatt vous allez modifier le moment où vos équipements vont consommer de manière à faire consommer vos équipements au moment précis où l’énergie et produite et vous allez ainsi pouvoir réduire votre facture jusqu’à 70 %.
Est-ce que vous avez identifié des concurrents ? Si oui, quels avantages concurrentiels vous en distinguent ?
Nous avons plusieurs concurrents en France qui proposent des solutions proches des nôtres. Nous avons de nombreux avantages.
D’abord la solution Comwatt est la première sur le marché. Depuis maintenant 7 ans nous avons 20 000 clients et avec ce parc installé nous avons donc un très bon retour client et de très bonnes informations du terrain qui nous permettent de pouvoir mettre au point nos algorithmes de manière à être tous les jours de plus en plus efficace.
Ensuite nous avons développé une solution qui est très simple à installer et encore plus simple à utiliser. Car chez Comwatt nous avons la conviction que développer une technologie efficace et un bon début mais le plus important est de développer une technologie qui puisse être accessible par le plus grand nombre.
Enfin notre solution est capable d’être installée dans n’importe quel logement en moins de 30 minutes alors que pour les solutions concurrentes de Comwatt il faut compter 2 à 5 heures c’est un gain vraiment très significatif pour l’artisan qui doit installer cette technologie.
Qu’est-ce qui empêche Comwatt, actuellement, d’occuper complètement son marché ?
Le marché de l’autoconsommation est un marché colossal. Actuellement nous dénombrons environ 70000 installation en France et le ministère de l’Énergie a estimé le marché a plus de 4 million de sites qui vont être équipés dans 10 ans.
Un des challenges est de faire prendre conscience aux consommateurs que l’énergie solaire est devenu très abordable. La technologie des objets connectés est devenue elle aussi très accessible et, ensemble, ils permettent de réduire de 70 % la facture d’électricité.
Toutefois, notre plus grand obstacle est sans doute la réglementaiton : les blocages administratifs qui ralentissent la transition énergétique.
Il y a plusieurs blocages administratifs :
Premièrement il devient très difficile pour un artisan même sérieux de trouver une assurance décennale permettant d’assurer les chantiers c’est un véritable parcours du combattant. Les contraintes pesant sur l’artisan sont si nombreuses et si complexes que cela en décourage beaucoup de se lancer dans le solaire.
Deuxièmement la transition énergétique et en concurrence frontale avec les fournisseurs d’énergie historiques qui vivent du chiffre d’affaires de la vente d’énergie. En effet si un client décide de réduire la consommation ou de produire de l’énergie sur sa toiture, c’est autant d’énergie en moins que le fournisseur d’énergie va commercialiser. Les fournisseurs d’énergie historiques ont donc mis en place une stratégie de blocage systématique du déploiement de la transition énergétique.
Ainsi pour prendre un exemple, savez-vous pourquoi uniquement les propriétaires de maison individuelle peuvent réduire leur facture d’électricité grâce au solaire ? Savez-vous pourquoi les locataires et les habitants des villes sont privés de cette baisse du prix de production de l’électricité solaire ? Il s’agit d’un blocage réglementaire, ce qui est révoltant.
En effet les députés français ont voté une loi permettant l’autoconsommation collective il y a plus de 2 ans maintenant. De plus, les députés européens ont voté aussi une loi favorisant l’autoconsommation collective en France depuis 18 mois. Mais les opérateurs historiques ne souhaitent pas que cette loi puisse être appliquée, car elle va dans le sens du citoyen mais pas dans celui de ces opérateurs.
En résumé :
- Vos panneaux photovoltaïques diminuent votre facture d’électricité de 20% sans Comwatt et 70% avec.
- 30 minutes pour installer la sollution Comwatt
- 20 000 installations en France
- Un marché potentiel de 4 millions d’installations sur 10 ans
- Principaux challenges : informer les consommateurs et lutter contre les blocages administratifs
Si vous voulez plus d’informations, vous pouvez consulter les articles de presse référencés sur leur site.
MyEasyFarm est une entreprise (startup) d’agriculture de précision localisée à Bezannes (près de Reims, France) et fondée par deux frères : Jean-Baptiste et François Thierart.
Elle développe principalement une plateforme en ligne facilitant les échanges de données entre matériels agricoles et centralisant les solutions d’agriculture de précision (machines, senseurs météo, logiciels d’aide à la décision, etc.) sur une seule interface. C’est ce qu’on appelle un « FMIS (Farm Management Information System) ». Cette plateforme a aussi ses propres fonctionnalités, comme un planning, l’évaluation des coûts, le suivi du matériel et, surtout, une gestion tant des parcelles que de ce qui se passe à l’intérieur (l’intra-parcellaire). L’idée est de permettre aux agriculteurs de gérer plus facilement leur exploitation et d’améliorer leur compétitivité, leur rentabilité, tout en préservant l’environnement.
L’entreprise développe également
- « My Easy Carbon », une application de conseil (on parle d’OAD, aide à la décision) autour du Label Bas Carbone Grandes Cultures
Je n’en parlerai pas ici, cela me semble secondaire.

Source : www.myeasyfarm.com

Source : www.myeasyfarm.com
Le cofondateur, Francois Thierart, a répondu à mes questions sur son projet.
Interview avec Francois Thierart, cofondateur de MyEasyFarm
Voici ma transcription de notre discussion.
- Quel ROI pour les exploitants ?
Nous sommes en train d’évaluer l’impact exact, mais globalement, plusieurs articles évaluent la modulation d’engrais et de semis [ varier l’espacement entre semis selon la zone] à une économie de plusieurs dizaines d’euros par hectare. Par exemple, un article du journal La Coopérative l’estime à 80€. En modulant la fertilisation : 30/40
On permet aussi un gain de temps énorme pour le remplissage des rapports PAC / Phyto. Ce sont des formalités très lourdes et pénibles : qu’elles soient pré-remplies est un vrai soulagement pour les agriculteurs.
- Combien de temps faut-il prévoir pour apprendre à utiliser votre plateforme ?
Nous avons conçu notre logiciel pour le rendre le plus facile d’utilisation possible (d’où le nom :p). En général les fonctions basiques sont maîtrisées quasi-instantanément. Les fonctions les plus avancées demandent parfois un peu de support, mais ça ne dépasse jamais 1 ou 2h.
- Quelles sont les cultures pour lesquelles votre solution est optimale ? Vous auriez le volume global ( = la taille du marché que cela représente) ?
Nous nous adressons surtout aux fermes avec du matériel modernes, qui sont celles en général de plus de 100 hectares. Il y en a 100 000 en France. Nous estimons notre marché à 40 Mn€ par an pour la France et 260Mn€ pour l’Europe.
- Votre solution a l’air vraiment super. Qu’est-ce qui l’empêche d’être implantée dans toutes les fermes ?
Le principal blocage est que le numérique agricole n’est pas encore entré dans les moeurs. On a du mal à vulgariser l’apport de la solution.
- Est-ce que vous avez des relais dans le monde agricole ?
Nous passons par des intermédiaires, comme les coopératives et les concessionnaires de matériel, pour atteindre les agriculteurs.
- Qui sont vos concurrents ? En France ?
Le principal concurrent est FieldView. Nos gros atouts par rapport à eux sont qu’ils appartiennent à Bayer, alors que nous sommes indépendants et nous sommes labelisés « DataAgri », parce que nous garantissons que les données que nous collectons ne seront pas revendues ou utilisées pour du ciblage commercial. La différence est radicale.
Il y a aussi FarmFacts, mais nous ne pensons pas qu’ils ne sont pas une menace. [NdA : Effectivement, quand on voit leur site …]
- Est-ce que vous pouvez me parler de vos atouts en général ?
Nous faisons partie des 5 sociétés [plateformes ?] certifiées ISOBUS. C’est une norme internationale qui nous permet de communiquer avec une grande partie des appareils agricoles du monde.
Nous permettons de gérer les parcelles mètre carré par mètre carré et pas seulement, comme la plupart de nos compétiteurs, parcelle par parcelle.
Actualités
MyEasyFarm fait partie de La Ferme Digitale et est présente sur les salons agricoles (salon de l’Agriculture, salon des ETA, Sitevi, Sommet de l’élevage, Innov’Agri …).
Des fonctionnalités très intéressantes
MyEasyFarm accompagne l’agriculteur au quotidien, afin de prendre les bonnes décisions et d’être plus efficace pour optimiser compétitivité et rentabilité, tout en préservant l’environnement.
https://www.myeasyfarm.com/
MyEasyFarm est donc un agrégateur d’applications qui apporte aux agriculteurs une vision globale de leur exploitation. C’est également intéressant pour les créateurs de solutions d’agriculture de précision, qui voient leur expérience utilisateur s’améliorer considérablement. Il y a de nombreuses fonctionnalités. Vous avez plusieurs aspects:
- une dimension managériale (quels matériels affecter à quels hommes pour telle ou telle tâche, l’automatisation de la documentation)
- une dimension administrative gestionnaire (connaitre ses couts, gérer ses parcelles, notamment
- une dimension agronomique (la météo, la modulation des intrants, interopérabilité ISOBUS avec les matériels agricoles pour recevoir les données, l’analyse des données, etc.)
Cela permet de faciliter la gestion de l’exploitation et de permettre à l’agriculteur d’optimiser au quotidien et de manière autonome ses décisions. En augmentant le rendement par unité d’intrant, l’agriculteur améliore sa rentabilité tout en préservant l’environnement.
Un rôle écosystémique ?
Personnellement, c’est toutefois la potentielle dimension écosystémique qui me plaît. La fonction d’agrégation fait que MyEasyFarm est ou pourrait être l’intermédiaire entre les produits d’agriculture de précision et leur expérience utilisateur, ce qui serait une position très forte.
En même temps, il apporte de la valeur à toutes les parties prenantes, agriculteurs et producteurs de solutions.
Du coup, est-ce que MyEasyFarm ne pourrait pas rassembler les agriculteurs et les entrepreneurs, par exemple à travers des événements ou des articles de fond, des formations, etc. ? C’est la possibilité que des partenariats se créent avec les nombreux acteurs de l’agritech, qui serviraient de relais pour les nouvelles solutions. En outre, en étant en contact étroit avec une plus grande variété de clients, les solutions des uns et des autres pourraient s’améliorer encore plus.
Très logiquement, avec ce rôle de créateur de partenariat, les solutions conçues seraient optimisées pour MyEasyFarm (et réciproquement). Cette position sociale peut-être un moat extrêmement solide. C’est d’autant plus vrai que le marché est très jeune et très prometteur. Aller vite va être déterminant.
Je ne suis pas expert de ces relations sociales et ne connais pas précisément ce secteur, mais ça me semble être une belle idée.
En somme, MyEasyFarm pourrait devenir le HUB de l’agriculture de précision et accélérer considérablement son développement. Une licorne potentielle ? C’est très possible, l’avenir nous le dira. 🙂
J’espère que cet article vous a plus. N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de mon analyse 😉
Ombrea propose des installations photovoltaique modulables utilisables sur des cultures (« agrivoltaiques), permettant de mieux s’adapter aux aléas climatiques, qui vont s’aggraver sous l’effet du changement climatique.
Avec le dérèglement climatique, les évènements extrêmes, comme les sécheresses ou la grêle, vont devenir de plus en plus fréquents. On a pu récemment le voir, beaucoup d’exploitations ayant souffert en mars et avril 2020 d’une absence de pluie prolongée.
Une des solutions est, en cas de chaleur excessive ou de grêle, de mettre des filets d’ombrage ou antigrêle. Toutefois, cela demande un travail supplémentaire, difficile à gérer en terme de main d’oeuvre et n’est pas flexible.

La solution Ombrea
Ombrea proposerait une solution beaucoup plus intéressante : des panneaux automatisés intelligents. Grâce à une armée de capteurs et un savoir-faire qui se perfectionne, l’engin donnerait à la plante l’ombre dont elle a besoin et permettrait de mieux résister aux aléas climatiques. En option, les panneaux produisent de l’électricité à l’aide de cellules photovoltaïque.
Ainsi, Ombrea améliorerait les rendements de la plante et diminue le besoin d’irrigation. Selon la startup, leur solution aurait augmenté les rendements de + 63% pour des plants de tomate et de + 50% pour une culture de fraise et diminué les besoins en eau de – 43 % pour la tomate. Je n’ai toutefois pas trouvé d’étude scientifique sur le sujet (cela doit par exemple varier en fonction du type d’événement climatique enduré et de son intensité).
L’un des coeurs de la solution serait son intelligence artificielle et sa capacité à traiter la donnée pour créer un microclimat optimal pour les cultures. C’est un projet où la R&D est donc centrale. La solution est surtout envisagée pour les cultures à haute valeur ajoutée, comme la viticulture.
On remarque des similarités importantes avec Sun’Agri, qui semble proposer une solution très proche, mais avec des panneaux qui pivotent au lieu de coulisser et en étant plus focalisés sur la production d’électricité.
Elle s’inscrit dans notre catégorie Green Agritech et plus précisément dans l’agriculture de précision.
Ombréa: identité et levées de fonds
Ombréa a été fondée en 2016 par Julie Davico-Pahin (directrice générale) et son père Christian Davico (président). Elle est localisée à Aix-en-provence (Provence, Alpes-côte d’Azur, France).
Elle a levé 7 millions d’euros en septembre 2021 auprès d’investisseurs, dont Mirova (société de gestion affiliée à Natixis Investment Managers) et CMA CGM Ventures (l’antenne d’investissement du groupe de transport du même nom). S’y sont ajoutés 3 millions d’euros « de dettes » (= d’emprunt ?) auprès de banques.
Des interrogations persistantes
Il me reste plusieurs interrogations qui m’empêchent de voir à quel point le dispositif est intéressant :
- Quel est le ROI (Retour sur investissement) prévu pour les exploitants ?
- Quels sont les dommages imputables aux événements climatiques extrêmes subis par les exploitations qui auraient pu être prévenus par l’utilisation d’Ombrea ? Pour les vignobles ? Cela donnerait une bonne idée de la taille du marché.
- Les vignobles semblent être des clients tout désignés pour eux : ce sont des cultures fragiles, à forte valeur ajoutée et un énorme marché en France. Quel est le blocage qui empêche leur solution d’être implantée dans tous les grands vignobles français ?
- Est-ce que les filets antigrêle se mettent en place automatiquement ? Sinon, quelle est la valeur ajoutée par rapport aux filets antigrêle classiques ?
- Quel est l’impact carbone des infrastructures ?
Comme toujours, si vous avez des critiques (ou feedbacks), ça me ferait super plaisir de les voir en commentaires ou par mail 🙂
Quelques articles :
- La start-up Ombrea lance des ombrières intelligentes pour répondre aux aléas climatiques, Cnews 2018
- Ombrea : des synergies entre l’agricole et le photovoltaïque sont possibles… dans certains cas de figure; Pv Magazine 2019
- La méthode d’Ombrea pour gérer sa croissance, La Tribune PACA 2019
- Agrinove à Nérac : Ombrea se déploie, La Dépèche 2019
M2i est une entreprise Française produisant des phéromones et formant à leur utilisation. Ces substances permettent de capturer et désorienter les nuisibles, tout en n’ayant aucun effet négatif répertorié sur le reste de la faune et de la flore. Actuellement, c’est probablement l’une des pistes les plus encourageantes pour ne plus utiliser de pesticides.
Des phéromones de qualité et pratiques
Les phéromones sont une solution écologique pour gérer les nuisibles. Elles
- n’ont d’effet que sur les insectes visés, ils ne perturbent pas le reste du règne animal.
- ne tuent pas les insectes, ce qui éliminerait le risque d’apparition de résistances
- ne polluent ni la production, ni les sols.
Une solution miracle donc ? Pourtant, c’est en fait une réponse assez ancienne. La technologie n’était pas encore mature :
- Efficacité : les phéromones sont des molécules extrêmement spécifiques, qui demandent une chimie de pointe. Il était fréquent qu’il y ait des défauts dans la production.
- Durabilité : les phéromones se dissipaient rapidement dans l’air.
- Applicabilité : le dispositif était fastidieux à implémenter. Ainsi pour un hectare de vignes, il fallait installer manuellement 500 à 600 diffuseurs.
M2i aurait répondu à ces différents obstacles. D’abord, en améliorant leurs procédés, ils seraient les meilleurs, avec une entreprise japonaise, au monde pour produire des phéromones. Ensuite en rendant l’application plus pratique et efficace. Ainsi, ils ont toute une série de méthodes d’application qui permettent de traiter de grandes surfaces pour de longues périodes.
Exemples d’application
Ils ont par exemple conçu des billes contenant une émulsion eau-cire naturelle-phéromone tirées comme du paintball :
« Par exemple, l’usage de pistolets de paintball. Développée par INRAE en partenariat avec M2i Life Sciences, cette méthode consiste à propulser sur le tronc des arbres, à une hauteur de six à neuf mètres, des billes biodégradables contenant un gel chargé de phéromones microencapsulées dans de la cire d’abeille. Bref, semer la confusion sexuelle dans les rangs des papillons. Trois cents billes de « phero-balls » par hectare ou 30 billes pour un arbre isolé sont nécessaires pour saturer l’air de phéromones durant quatre mois et ainsi réduire considérablement les chances pour le mâle de repérer la femelle. »
Agriculture compétitive et durable : les apports croissants du biocontrôle, INRAE
Ce produit, permettant de lutter contre la chenille processionnaire (qui dégrade les arbres et produit des filaments toxiques) a été l’objet d’une autorisation de mise sur le marché, processus couteux et laborieux, en 2017.

Ils ont également obtenu une AMM en 2018 pour un autre dispositif, « Box T Pro Press », qui permet de lutter contre la Pyrale, dont la chenille se nourrit des buis.

Crédit : Wikipedia
Ils proposent pour l’instant une soixantaine de solutions pour la protection des végétaux. Ils développent notamment « en coopération avec l’INRAE et la filière apicole sur la mise au point d’un produit de lutte contre le frelon asiatique. »
M2i : une startup en vue
M2i aurait déposé 19 familles de brevet et emploierait 165 employés. Elle est l’objet de beaucoup d’articles de presse nationale. Ils auraient aussi accompagné le gouvernement dans plusieurs délégations à l’étranger.
L’entreprise a aussi beaucoup de succès auprès des investisseurs, ayant réussi à lever 12Mn€ en 2017 et 60Mn€ en 2019.
On a donc un produit sexy, une technologie de pointe et un succès médiatique et financier. Est-ce que ce sera la prochaine licorne française ?
Les informations qu’on aimerait avoir :
- Plus de données chiffrées autour de l’application (combien de temps / produit par hectare pour quel prix) et des comparaisons avec les produits concurrents.
- Plus de données autour des marchés ciblés : Agriculteurs ? Entretien des parcs ? Quid des particuliers ? Est-ce que vous prévoyez d’un jour vous attaquer aux moustiques et aux guèpes ?
- Qu’est-ce qu’il manque pour que M2I devienne le premier producteur mondial de solutions contre les nuisibles ?
Réponse : « C’est notre objectif. La prochaine étape pour y parvenir, c’est d’accélérer le processus reglementaire d’homologation de nos produits sur les marchés agricoles mondiaux. Ces autorisations de mise sur le marché résultent de processus administratifs de validations et sont longues et couteuses à obtenir. »
Johann Fournil, directeur des partenariats et de la communication de M2i
- Est-ce que le processus de production est cher / polluant ?
- Qu’en pensent les agriculteurs et autres agronomes ?
Voici quelques articles intéressants sur cette startup :
- Entretien exclusif avec Philippe Guerret, président de M2i Life Sciences, Usine nouvelle
- Tirs au paintball contre les chenilles processionnaires du pin, Le Figaro
- La start-up implantée à Chemparc Lacq va produire des phéromones en capsules : une révolution pour la protection des cultures, mais aussi des parcs et jardins…, par Presselib
- Le charançon, cette petite bête qui tue les palmiers des côtes méditerranéennes, par Le Parisien

Nourrir les élevages d’animaux mobilise énormément de ressources : foin, soja, farrines de poissons … Le problème est tel qu’on estime que la majorité des terres cultivées sont destinées à nourrir les bêtes. L’un des grands enjeux de l’agritech green consiste à trouver des alternatives plus soutenables.
Inalve produit justement des micro-algues destinées à nourrir le bétail.
Selon leur site, leur solution serait plus performant que les systèmes de production de microalgues classiques, consommant 70% moins d’eau (??) et demandant 50% moins d’énergie ; et que les systèmes de culture végétale, ne demandant pas de pesticide, d’OGM et demandant 60 fois moins de terrain (à production constante ?).
Articles de presse :
Pour passer la transition énergétique, il nous faudra mobiliser le plus possible des énergies naturelles. L’éolien et le solaire captent déjà le vent et le soleil. Qu’en est-il de l’eau ? Chaque jour, des billions de tonnes d’eau sont déplacées par les courants marins ou le flux des cours d’eau. Cette force colossale pourrait-elle être utilisée pour faire de l’électricité ?
C’est ce que EEL ENERGY tente de faire. Ils ont développé une hydrolienne qui imite les ondulations des poissons et s’adapte au courant pour en capter le plus possible l’énergie.
Cette technologie propose de nombreux avantages la différenciant parmi les tentatives de capter les forces de la nature.. Elle : est prévisible n’entraîne pas de risque pour la faune; est, à production égale, 10 fois plus petite et ne cause pas de pollution sonore et visuelle .
Néanmoins, le projet n’est pas encore passé à l’échelle. Début 2019, le prix par MWH était estimé à 300€, contre 130 pour l’éolien. Toutefois, il espèrent descendre à 100€/MWH avec de plus grosses machines..
La technologie Eel est couverte par 5 brevets internationaux et travaille avec des partenaires de premier plan, comme l’IFREMER ou Dassault Systems. Elle est l’objet d’une forte exposition nationale, ayant été l’objet d’articles dans Les Echos, Le Parisien et de nombreux autres titres nationaux et régionaux.
Lorsqu’on parle de pollution, on ne pense pas toujours à la lumière. Pourtant nos éclairages artificiels ont de nombreux effets pervers, que ce soit sur les animaux, dont elles perturbent les perceptions, ou même notre confort, en faisant disparaître les étoiles.
Plus prosaïquement, elles consomme beaucoup d’énergie : l’éclairage public et l’éclairage des bâtiments consomme chaque année 2 700 TWh, émettant 1 150 millions de tonnes de CO2. Pourtant, la nature aussi produit de la lumière. Qui n’a jamais entendu parler des lucioles ? On trouve aussi des plantes et des animaux qui produisent de la lumière.
La technologie de Glowee
Glowee propose de maîtriser la bioluminescence pour éclairer les villes de demain. Elle utilise des séquences d’ADN de bactéries bioluminescentes et les implante dans des bactéries communes, industriellement produites.
Les avantages sur la production de lumière classique sont nombreux : La principale matière est cultivée, il ne s’agit pas d’un ressource qu’on épuise La bioluminescence produit moins de pollution lumineuse La production et l’entretien consomment moins d’énergie .
Histoire et avancement
La fondatrice, Sandra Rey, a été nommée parmi les 10 innovateurs de moins de 35 ans du MIT Technology Review en 2016. Glowee vient de signer un premier contrat avec la ville de Rambouillet pour un mobilier urbain
FAQ
Glowee propose d’utiliser la bioluminescence naturelle de bactéries pour éclairer, notamment pour le mobilier urbain.
La bioluminescence est produite par un gène porté par des bactéries vivant en symbiose avec les calamars.
Les réserves accessibles de pétroles ont mis 600 millions d’années à se former, et 200 ans à être presque épuisées. En pomper va être de plus en plus difficile et, si c’est probablement une bonne chose qu’on arrête de l’utiliser comme carburant, il est aussi vrai que c’est une matière première importante dans de nombreuses industries.
Les dérivés de l’or noir ne se limitent pas aux réservoirs de nos voitures et aux montagnes de déchets plastiques. Ils sont aussi important dans les secteurs de la médecine, de la cosmétique et de l’agroalimentaire Du coup, de nombreuses startups cherchent des moyens de trouver des matières plus soutenables.
AFYREN a développé une technologie qui combine les opérations de fermentation, d’extraction en un seul procédé permettant d’extraire de déchets organiques des molécules exploitables par l’industrie chimique..
L’une des principales force du processus est sa matière première : des déchets. Il peut s’agir de résidus (pulpe) de betteraves, de fumiers, de déchets verts ou même d’ordures ménagères. Le processus ne produit lui même presque pas de déchets.
Histoire et avancement d’Afyren
Le projet est né en 2012 et son premier pilote a vu le jour en 2017. Après une levée de fonds de 21 millions d’euros en janvier 2019, l’entreprise a créé une joint-venture financée à hauteur de 60 millions d’euros destinée à exploiter une usine pouvant générer 16 000 tonnes d’acides organiques et 35 Mn€ de chiffre d’affaires par an. Elle est entré en bourse le 1er octobre 2021 sur Euronext.
FAQ
Afyren a levé 21.5 millions d’euros.
Afyren est localisé à Saint-Beauzite, en Auvergne.
Woodoo est une start-up française ayant conçu un procédé rendant le bois imputrescible et beaucoup plus résistant au feu et à la contrainte.

Le bois est le matériau de rêve des écologistes : naturel, il pousse tout seul, capture du CO2, se travaille facilement, permet de faire une variété infinie d’objets, de la fourchette à une maison entière.. Malheureusement, il a des défauts graves : exposé au pourrissement, inflammable, peu solide, … certains bois sont si fragiles qu’il ne servent qu’à faire de la pâte à papier.
Woodoo, une start-up greentech, propose justement une technologie permettant de rendre le bois résistant au feu, au pourrissement et à la contrainte.
Le procédé Woodoo
En retirant la lignine du bois et en la remplaçant par une résine végétale le procédé transformerait n’importe quel bois en un matériau translucide, imperméable, imputrescible, indéformable, ignifuge, tactilement conducteur et presqu’aussi résistant que le métal. Il peut être utilisé comme surface d’affichage tactile, comme un écran.
C’est l’architecture et la construction qui est dans le viseur du fondateur de Woodoo, Timothee boitouzet, architecte de formation. Toutefois, pour être utilisé dans le bâtiment, il faut obtenir plusieurs certifications ATEX en fonction des applications recherchées (procédé similaire aux Autorisation de Mise sur le Marché pour les médicaments et phytosanitaires).
Actuellement, l’entreprise en est « au stade de développement et nous réalisons des prototypes préindustriels pour des secteurs qui nous ont sollicités et où la certification n’est pas nécessaire. Par exemple, pour le secteur du luxe, du design, de l’automobile et de l’aménagement intérieur. » (Batiadvisor) Les principales applications sont néanmoins ce côté « matériau de luxe » et la possibilité d’en faire une sorte d’écran tactile. Ils envisagent également de remplacer le plastique pour des objets de la vie quotidienne. Ils ont notamment présenté un mur d’écrans vidéo en bois de 4m² (« JASPR ») au CES Las Vegas en 2022. Ils proposent également un panneau lumineux, LIGHTR.
Un matériau écologique ?
Ce bois augmenté serait une technologie très positive pour l’environnement. Le produit aurait une empreinte carbone positive, stockant 700kg de CO2 par m3 produit, contre 400kg émis et ce serait un procédé moins énergivore que la production de verre ou d’acier. Cela pourrait représenter des économies de milliers de tonnes de CO2 par bâtiment. Le fait de pouvoir utiliser des bois de valeur moindre, de « faible constitution » (peuplier, pin des landes, tremble ..) permet de mieux valoriser / exploiter les forêts : 50% du bois coupé en France ne serait pas utilisé.
De plus, la lignine extraite serait utilisable comme substitut au pétrole dans de nombreux produits et ajouterait encore à la valeur environnementale et économique du projet. Ce matériau pourrait révolutionner de nombreux secteurs, comme le bâtiment ou le mobilier. Pour l’instant, Woodoo se concentre sur les marché de niche à haute valeur ajoutée, comme l’automobile.
Woodoo: une start-up greentech
Timothee boitouzet, architecte de formation, est le fondateur de Woodoo. Créée en 2016, la start-up a déposé 17 brevets autour de son procédé. Woodoo a levé 5.2M€ et est l’une des start-ups européennes les plus reconnues, avec plus de 30 récompenses depuis 2016. Il a notamment remporté le prix EDF Pulse dans la catégorie « Smart City » en 2017 et le grand prix de l’innovation du CNAM.
La société serait actuellement autofinancée, travaillant notamment avec l’industrie automobile (Daimler/Mercedes) et aéronautique (Safran) pour faire des écrans tactiles en bois. (Korii)
Le siège serait en haut de la tour Montparnasse et son usine près de Troyes.
Structure (fiche infogreffe) :
- SAS WOODOO, 83 boulevard Saint-Michel, 75005 Paris, RCS Paris 822 373 551 00016
- Etablissement secondaire : 3 chemin des croix, 10430 ROSIERES-PRES-TROYES, RCS Troyes 822 373 551 00032

L’eau fait partie des nombreuses ressources qui ont été trop exploités : les nappes phréatiques se vident et les cours d’eau se tarissent. On estime qu’un quart de l’humanité vit dans une zone manquant d’eau. Or l’agriculture représenterait, selon la FAO 70% de l’utilisation d’eau.
Pourtant, 85% des systèmes des irrigations fonctionnent “par submersion”, c’est à dire en faisant couler de l’eau dans une tranchée. Ce système gaspille énormément d’eau, qui s’infiltre dans les sols, emportant sous-terre une partie des nutriments. Seulement 50% de l’eau ainsi utilisée est mobilisée par les plantes.
N-Drip propose une alternative : un système d’irrigation au goutte à goutte qui économiserait 70% de l’eau, augmente les rendements de 20 à 30% et limiterait l’emploi des pesticides.
L’irrigation au goutte à goutte classique, beaucoup plus économe en eau que le système par submersion était toutefois plus coûteuse parce qu’elle demandait de l’énergie pour pomper l’eau et des filtres pour éviter que des particules dans l’eau ne bouchent les trous.
Le système N-Drip répond à ces deux difficultés grâce à un système basé sur la gravité. En mobilisant la topographie du terrain, N-Drip crée une légère pente tout du long du dispositif, enlevant le besoin d’une pompe.
N-Drip, a été fondé en 2015 par Prof. Uri Shani, un ancien directeur de l’autorité de l’eau Israélienne, avec Ariel Halperin et Ran Ben-Or. N-Drip a levé 50M€ et été récompensé de la récompense “Overall Award Excellence in Disruptive Solution” par le Financial Times et l’International Finance Corporation en 2019.

L’un des principaux challenges de l’agriculture est la localisation des produits. Dans le modèle actuel, les produits des fermes viennent des campagnes, sont centralisés et repartent vers les villes. Cette logistique dégage des millions de tonnes de CO2. Pour répondre à ce problème, de plus en plus de startups proposent des solutions permettant d’intégrer l’agriculture à la ville.
Les fermes vertical (indoor farming) d’Infarm
Infarm est une startup berlinoise proposant des fermes hydroponiques verticales. Le business model consistait initialement à les placer dans des supermarchés, où ils donnent accès en direct à des produits hyper frais. Un container de 2m² correspondrait à 250m² de terres agricoles consommant 95% d’eau et 75% d’engrais en moins et aucun pesticide. [A vérifier] Maintenant, ils développent des unités de productions industrielles modulaires de 18 mètres sur 25m² qui pourraient produire l’équivalent de 10 000m² de terres agricoles.
Infarm s’inscrit dans la très populaire tendance des fermes-container (on parle aussi d' »indoor farming »), une forme d’agriculture urbaine, produisant des légumes en hydroponie. Ce mode de production permet de contrôler précisément les conditions de croissance des plantes, permet d’optimiser au maximum l’utilisation d’intrants (engrais, eau), et de se passer de pesticides. L’ensemble des installations étant connectées, la startup disposera de beaucoup de données pour améliorer ses procédés.
Comme la plupart des startups de ce type, ils produisent des légumes à forte valeur ajoutée (souvent très cher au kg): petites salades, pois « microgreens », herbes aromatiques, champignons,
Le problème est évidemment le rendement de ces installations, le besoin de main d’oeuvre, l’investissement demandé et le prix de l’énergie pour les faire fonctionner. La comparaison avec les terres agricoles semble peu pertinente: cela n’a simplement rien à voir avec des grandes cultures. L’allégation selon laquelle ce système serait « jusqu’à 400 fois plus efficace que l’agriculture classique » semble douteuse. Il serait intéressant de comparer avec des productions comparables (ex: laitues, champignons).
Infarm: fondation et financement
Infarm a été fondée en 2013 à Berlin par Osnat Michaeli, Erez Galonska et Guy Galonska. Elle a levé des sommes considérables au fil de plusieurs levées de fonds (« tours de table »): près de 600 millions de dollars !
- Série A : 25 millions de dollars par Balderton Capital, Cherry Venture, LocalGlobe, Mons Investment, Quadia et TriplePoint Capital en février 2018
- Série B : 100 millions de dollars par Atomico, Astonor Ventures, Balderton Capital, Cherry Ventures et TriplePoint Capital en juil 2019
- Série C : 170 millions de dollars auprès de Atomico, Astanor Ventures, Bonnier Ventures, Hanaco Ventures Capital, Haniel, Latitude, Lightrock, Tres Monos Capital et TriplePoint capital en septembre 2020
- 100 millions de dollars auprès de Hanaco Venture Capital et Atomico en mars 2021.
- 200 millions de dollars supplémentaires auprès de Hanaco Venture Capital, Partners in Equity, Lightrock, Bonner Ventures, Atomico et Qatar Investment Authority. en 2021
Infarm serait présent dans plus de 50 dans 11 pays et « gère plus de 17 centres de production et plus de 1 400 fermes en magasin« . Elle s’est notamment implantée au Japon avec Infarm Japan en 2020 et au Qatar. En France, la startup a un site de production à avenue à Villeneuve la Garenne (92, France).
La société Infarm Indoor Urban Farming France est domicilée 32 avenue Marc Sangnier, 92390 Villeneuve-La-Garenne et immatriculée au greffe du tribunal de commerce de nanterre sous le RCS 848 714 481 depuis février 2019.
FAQ
Infarm fait des fermes verticales permettant de cultiver des plantes en hydroponie, avec un système d’IoT pour optimiser les performance.
Infarm a été fondée en 2013 par Osnat Michaeli et deux frères: Erez et Guy Galonska.
