Le maïs est depuis quelques années la céréale la plus produite au monde. Plante vigoureuse dont les épis peuvent dépasser 2 mètres, elle est utilisée pour l’alimentation humaine, animale, mais aussi pour la chimie verte avec notamment la production d’amidon et de biocarburant.
Nous allons ici vous présenter:
- Ses aspects pratiques (valeur nutritionelle, usages, ses ravageurs …)
- La production mondiale de maïs
- Son histoire
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Le maïs en pratique
Valeur nutritionnelle et usages du maïs
Le maïs a une valeur nutritionnelle beaucoup moins dense que les autres grandes céréales : 95 Kcal, 2.8g de protéines, 21.2g de glucides et 0.95g de lipides pour 100g.
Il est utilisé dans de nombreux plats pour l’alimentation humaine (en salades, semoule, corn flakes, chili con carne …), mais aussi pour l’alimentation animale, la production de biocarburants et même la cosmétique (l’amidon de maïs est très utilisé) ou autre chimie verte.
Elle est proportionnellement moins protéinée que le riz ou le blé. Les variétés de maïs diffèrent selon leur usage. On distingue notamment le « maïs grain », le « maïs fourrage » et le « maïs ensilage ».
Semis et croissance
Le maïs est une culture d’été qui se sème entre mi-mars et la fin mai. Une de ses particularité est qu’elle se développe au moment le plus chaud de l’année, lorsque l’évapotranspiration est maximale. L’irrigation à ce moment peut protéger le développement de la plante. On estime ainsi que le maïs irrigué a des rendements 50% supérieurs, dans les pays développés, que non-irrigué (10t contre 7t). Néanmoins, il consomme au final relativement peu d’eau (ex: 238 L pour du maïs fourrage, 454 L pour du maïs grain contre 590 pour le blé).
Ses nuisibles
Le maïs a de nombreux ennemis: les sangliers et les corbeaux au moment des semis, mais surtout, les chenilles foreuses du maïs.
Parmi ces insectes, la pyrale du maïs est sans doute la plus connue. Elle fore à l’intérieur de la tige et de l’épi, ce qui dégrade évidemment la production et rend plus difficile la récolte, les tiges ayant tendance à verser (= se briser). La noctuelle du maïs a une action similaire.
Les taupins sont aussi un problème: les larves de ses coléoptères vont manger les graines de maïs et les racines quand elles se développent. La chrysomèle des racines du maïs est un autre coléoptère qui fait cela.
S’agissant des adventices, la morelle est souvent citée comme étant problématique, poussant à la même période que le maïs.
Néanmoins, c’est une plante qui a globalement peu besoin de phytosanitaires et se prète bien à l’utilisation de biocontrôle, comme les trichogrammes (micro-guèpes) contre les insectes. Le bio ne produit que 20% de moins que le conventionnel.
La production mondiale de maïs
La production mondiale de maïs est passée de 199.7 millions de tonnes (Mt) en 1961 à 1163.3 millions de tonnes en 2022. Cette explosion s’explique tant par l’augmentation des surfaces cultivées, qui ont doublé, passant de 101.3 millions d’hectare (Mha) en 1961 à 203.2 Mha en 2022, qu’à l’augmentation des rendements moyens qui sont passés de 1.95 t/ha à 5.72 t/ha sur la même période.
Le maïs est devenu la céréale la plus récoltée au monde, représentant 36,3% du tonnage total, contre 26,1% pour le blé et 25.1% pour le riz.
Néanmoins, cette prédominance doit être relativisée par sa valeur nutritionnelle, 3 fois moins importante que le blé par exemple, qui reste en fait la principale source d’alimentation dans le monde.

Les principaux pays producteur de maïs
Les États-Unis dominaient la production de maïs déjà en 1961. Néanmoins, la Chine et le Brésil ont accéléré la croissance de leur production à partir des années 2000. Alors que les deux ne représentaient qu’un tiers de la production américaine en 1961, ils l’égalent en 2020. Le Mexique, qu’on pourrait penser avoir une culture du maïs florissante, dépasse à peine le seuil de 2% nécessaire pour apparaître sur le graphique.


Encore en 2020, les rendements américains sont près de deux fois supérieurs à la moyenne.


La production indienne semble augmenter rapidement: leur rendement (3.5t/ha) est très inférieur à la moyenne mondiale et, malgré cela, la superficie cultivée a presque doublé depuis 2000. La production argentine
Les tendances de la production de maïs
Contrairement aux cultures comme le blé ou le riz, dont les rendements plafonnent depuis quelques dizaines d’années dans les pays développés, le maïs, sans doute propulsé par les progrès des hybrides, explose les limites.
Ainsi les États-Unis ont dépassé les 10t/ha de moyenne au milieu des années 2010 et continuent d’augmenter le rendement moyen.

La production augmente particulièrement rapidement depuis les années 2000 en Chine et au Brésil, propulsée tant par l’augmentation rapide des rendements que par l’augmentation de la superficie cultivée.
L’Inde pourrait avoir une croissance particulièrement explosive: alors même qu’elle n’a que des rendements médiocres (3.5t/ha), sa superficie cultivée a presque doublé depuis 2000.



Histoire du maïs
On estime classiquement que le maïs descend de la teosinte, Zea mexicana. Cette paternité a été démontrée en deux temps. D’abord, par un agronome mexicain, José Segura, qui a montré une forte proximité en croisant cette plante avec du maïs. Puis, Georges Beadle, un généticien de l’Université de Chicago, a conclu dans les années 30 que la plante sauvage était bien l’ancêtre du maïs. Paul Mangesdorf proposa toutefois une autre hypothèse en 1939: la teosinte et le maïs seraient bien liés, mais par l’intermédiaire d’un ancêtre commun, aujourd’hui disparu. Si c’est la thèse du second qui a longtemps prévalu, les évolutions de la connaissance génétique a de plus en plus étayé la thèse de Beadle, qui est aujourd’hui la plus populaire parmi les généticiens et les archéologues. (Kingsbury 2009, p.21-23)
C’est sur le maïs que les grandes civilizations Mésoaméricaines se sont construites et l’aliment de base de nombreuses tribues d’indiens d’Amérique. Sa force a été sa plasticité génétique, lui permettant de répondre à l’amélioration de l’environnement (eau, fertilisant) en augmentant sa productivité. Ainsi, la mythologie de la création Maya décrit comment la race humaine a été faite à partir du maïs. (Kingsbury 2009, p.21)
Parmi les grandes évolutions, entre le 14 et 17e siècles, l’agriculture de l’actuel haut Midwest américain s’est intensifiée grâce à l’apparition d’une nouvelle variété, appelée « Northern Flint corn », mieux adapté au climat et à l’exposition solaire de sa région, résistait mieux aux insectes et mûrissait plus vite. (Kingsbury 2009, p.21)
- https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/la-recolte-de-mais-dans-le-loiret-mise-a-mal-par-le-manque-de-gaz-1635518837
- https://www.terre-net.fr/observatoire-technique-culturale/strategie-technique-culturale/article/le-sechage-des-recoltes-mis-a-mal-par-la-flambee-des-prix-du-gaz-217-203068.html
- Maïs : trois idées reçues à déraciner définitivement
Sources:
- Noel Kingsbury, Hybrid, The history&science of plant breeding, éd. University of Chicago Press, 2009
