Total, Lanzatech et L’Oréal: captation carbone et bouteille de shampoing

Total, Lanzatech et L’Oréal: captation carbone et bouteille de shampoing

Un partenariat entre Total, Lanzatech et L’Oréal

C’est un partenariat assez improbable entre plusieurs grands noms : Total produit du pétrole et ses dérivés; Lanzatech capte le carbone et le transforme en éthanol et L’Oréal fait des cosmétiques. Ensemble, ils ont conçus …

Une bouteille de shampoing !

Avec le carbone capté par Lanzatech. Voici le détail du partenariat :

LanzaTech capte les émissions industrielles de carbone et les convertit en éthanol grâce à un procédé biologique unique. 

Total utilise un procédé de déshydratation innovant développé avec IFP Axens, pour transformer l’éthanol en éthylène, avant de le polymériser en polyéthylène présentant toutes les spécificités techniques de son équivalent fossile. 

L’Oréal utilise le polyéthylène ainsi produit pour fabriquer des emballages aux propriétés en tout point équivalentes à celle d’un polyéthylène conventionnel.

Site total

Initié en 2018, le projet aurait prouvé sa faisabilité le 27 octobre 2020. Les entreprises envisagent d’industrialiser le procédé d’ici 2024-2025.

Greentech ou greenwashingtech ?

Cette initiative me laisse pour le moins dubitatif.

J’ai tout d’abord du mal à voir l’originalité du projet. Les bioplastiques et la chimie verte sont une tendance assez forte des greentechs. Je pense notamment à Vibers, qui fait des bioplastiques à base d’herbe à éléphant, ou aux bioraffineries, comme Afyren, qui extraient des molécules utilisables en chimie de matière organique.

En outre, la mécanique semble peu rentable. On a des procédés qui semblent complexes et coûteux pour faire … des bouteilles de shampoing. Pas vraiment de la haute valeur ajoutée … Est-ce qu’il n’y a pas mieux à faire ?

On ne parle absolument pas du processus. On peut parfaitement avoir un bilan global négatif, notamment si le transport est à plus petite échelle ou si la transformation est plus difficile.

Enfin, il n’y a aucune quantification de l’effet attendu. Quel est le bilan carbone ? Ce consortium ne nous donne aucune information …

Surtout, quel est le prix global de l’ensemble ? Ces sommes ne seraient-elles pas mieux investies à développer la recherche agronomique ou autre innovations qui ont un intérêt écologique évident ?

Je n’ai pas d’avis définitif, car que je connais trop mal plusieurs sujets impliqués. Toutefois, il semble hautement probable, au vu de ces éléments, qu’il s’agisse bien de greenwashing.

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.