Le dysprosium, un métal utilisé en alliages

Qu’est-ce que le dysprosium ?

Le dysprosium est un élément chimique de symbole Dy, de numéro atomique 66. C’est un métal de transition blanc argenté, presque aussi dur que le fer, mais avec une dureté inférieure à celle du nickel. Il possède une densité de 8,54 g/cm³ et est ferromagnétique jusqu’à une température de 145 °C, devenant paramagnétique au-dessus de cette température. Sa masse atomique est de 162,50 u, avec un point de fusion à 1412 °C et un point d’ébullition à 2562 °C. Sa structure cristalline est hexagonale compacte (hcp), ce qui contribue à ses propriétés mécaniques. En termes de conductivité, le dysprosium présente une conductivité thermique de 12,5 W/(m·K) et une conductivité électrique de 1,1 × 10^6 S/m. Le module d’élasticité est d’environ 70 GPa, avec une limite d’élasticité de 250 MPa et une résistance à la traction de 400 MPa. En ce qui concerne la résistance à la corrosion, le dysprosium est relativement stable dans l’air, mais il peut s’oxyder en présence d’humidité.

Quel est le volume de la production de dysprosium ? D’où vient-il ?

Le dysprosium est produit à partir de minerai de terres rares, principalement par des méthodes d’extraction telles que la pyrométallurgie et l’hydrométallurgie. Le minerai est traité pour extraire divers éléments, dont le dysprosium, par des procédés impliquant des températures élevées (jusqu’à 1000 °C) et des pressions spécifiques. Le volume de production de dysprosium est estimé à environ 60 tonnes par an, avec un rendement typique de 80% lors de l’extraction. Les équipements industriels utilisés incluent des fours à arc électrique et des colonnes de lixiviation.

Quel est l’usage principal du dysprosium ?

Le dysprosium est utilisé dans les alliages de fer, notamment dans les alliages de néodyme-fer-bore (NdFeB) pour la fabrication d’aimants permanents, qui représentent environ 30% de la consommation mondiale de dysprosium. Il est également utilisé dans les dispositifs électroniques, les lampes à incandescence, les projecteurs de cinéma et les lasers. Dans le secteur aérospatial, il sert de catalyseur dans la production de carburants de fusée, où sa capacité à maintenir des propriétés magnétiques à haute température est cruciale. Les propriétés recherchées pour chaque usage incluent la résistance à la chaleur et la stabilité magnétique.

A combien estime-t-on les réserves de dysprosium ? Où se trouvent-elles ?

Les réserves mondiales de dysprosium sont estimées à environ 8 millions de tonnes. La plupart des réserves se trouvent en Chine, qui détient environ 80% des réserves mondiales, mais on en trouve aussi en Australie, en Allemagne, en Corée du Sud et aux États-Unis. Les gisements en Chine, comme ceux de la province du Jiangxi, présentent des grades moyens de minerai de 0,5 à 1,5% de dysprosium. Les coûts de production par tonne varient, mais sont généralement autour de 200-300 USD, en fonction des fluctuations du marché.

Comment raffine-t-on le minerai de dysprosium ?

Le minerai de dysprosium est traité pour extraire divers éléments, dont le dysprosium, par des méthodes telles que la lixiviation acide et la séparation par solvant. Le processus commence par la réduction du minerai à des températures élevées, suivie d’une purification par électrolyse. Les réactions chimiques impliquées incluent la réduction du dysprosium par le calcium, représentée par l’équation : Dy2O3 + 6Ca → 4Dy + 3CaO. Ce processus permet d’obtenir un métal pur avec un rendement typique de 90% et une consommation énergétique significative, nécessitant des équipements spécialisés pour maintenir les conditions de traitement.

Quelle est l’histoire du dysprosium ?

Le dysprosium a été découvert en 1886 par le chimiste français Paul Émile Lecoq de Boisbaudran. Le nom de l’élément vient du grec ancien dysprositos, qui signifie «difficile à atteindre». Sa première utilisation a été dans les aimants permanents en 1934. Depuis lors, le dysprosium a gagné en importance dans diverses applications technologiques, notamment dans les secteurs de l’électronique et de l’énergie renouvelable, en raison de ses propriétés uniques.