Une autre manière de compenser la diminution des ressources est de transformer des ressources ayant une utilité faible ou inexistante et de les transformer en bien ou matériaux de haute valeur.
C’est typiquement ce que proposent les entreprises qui permettent de transformer les déchets en ressources. On parle classiquement d’upcycling. C’est aussi dans cette catégorie qu’on trouvera la chimie verte, qui extrait du végétal des molécules utilisables par l’industrie.
Ces entreprises se situent dans la catégorie “ressources” de notre mapping de startups greentechs.
Waste as a resource / upcycling
Et si la plus écologique des ressources était celle que nous jetons ? Les millions de tonnes d’objets et substances divers et variés qui viennent remplir les décharges ou les incinérateurs ne pourraient-elles pas être utilisés de manière plus productive ? C’est justement l’idée de nombreuses startups, qui proposent d’utiliser des déchets comme des ressources. On parle aussi d’upcycling.
Aeropowder transforme les plumes de poulet en isolant thermique.
AshCrete fait un ciment imperméable à base de cendres.
Backacia facilite le réemploi des matériaux de construction.
Co2concrete transforme le CO2 en roches
Eco-mills recycle les pneus usés en revêtement de sol.
Ecoslops produit du carburant et du bitume léger à partir de résidus pétroliers.
Eleather transforme des chutes de cuir en cuirs de haute qualité.
EtNISI revalorise diverses matières usagées solides pour les transformer en objet du quotidien.
Fabbrick fait des briques avec des t-shirts non recyclables.
Principal apport : de nouvelles ressources
Principal obstacle : le prix et l’équivalence des propriétés
Technologies support : Chimie, collecte de déchets et tri
Biosourcing
Une autre manière d’avoir plus de ressources pourrait être … d’en inventer ! La nature est justement pleine de sources d’inspirations pour créer de nouveaux objets, donner à la matière de nouveaux usages. On parle de bio sourcing.
BoltThread conçoit de nouveaux textiles à l’aide de produits et de processus naturels, comme le développement du mycélium ou le tissage de toile.
FIBandCO crée un placage à base de bois de bananier, qui est en fait une sorte d’herbe qui repousse en 9 mois et est difficile à valoriser autrement.
Vibers développe des méthodes pour faire du papier, carton, biopolymères et même béton à base d’herbe à éléphant (Miscanthus Giganteus).
Woodoo transforme tous types de bois, même de mauvaise qualité, en un bois presque aussi solide que l’acier, imputrescible et protégé contre le feu en remplaçant la lignine par une résine.
Principal apport : de nouvelles ressources
Principal obstacle : le prix et l’équivalence des propriétés
Technologies support : Biologie
Chimie sans pétrole
On n’en a pas toujours conscience, mais énormément de choses viennent du pétrole : les plastiques, les colles, les lubrifiants, bref, une quantité considérable de produits. On parle de pétrochimie. Ce minéral miracle étant voué à se raréfier, il est intéressant de développer dès maintenant des alternatives. Cette partie est, au fond, un sous-ensemble du biosourcing, mais elle est tellement massive que je préfère la traiter de manière égale.
Il y a tout d’abord les bioraffineries lourdes, comme Abolis, Advonex, Alderys, Afyren, EnobraQ, Global Bioenergies ou Lygos, qui produisent des produits industriels (carburants, lubrifiants, cires, etc.), usuellement dérivés du pétrole, à base de végétaux.
Parmi les projets plus spécifiques, on compte :
Algaia extrait des produits chimiques d’algues marines, qui peuvent être vendues aux industries alimentaires ou pharmaceutiques.
Algo Paint est une peinture qui serait composée à 98 % de ressources bio-sourcées (alors que les peintures classiques contiendraient 65 à 75% d’éléments d’origine pétrolière).
Cambond produit un adhésif d’origine naturel pour remplacer ceux, très toxiques et dérivés du pétrole, actuellement utilisés pour faire du bois stratifié / aggloméré.
Deinove développe des molécules pour l’industrie cosmétique ou pharmaceutique à base de bactéries.
Principal apport : une chimie qui prépare l’après-pétrole
Principal obstacle : le prix
Technologies support : Chimie
