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J’ai commencé à me renseigner sur l’impact environnemental des produits alimentaires animaliers (viande, lait, oeufs). Je vous partage donc une note de synthèse des premières informations trouvées qui m’ont semblées relativement crédibles. Comme toujours, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé à la fin 🙂

Voici les articles pertinents non-universitaires les plus populaires en cherchant “environmental impact of meat production” :

  1. What is the true cost of eating meat ? du Guardian (2018)
  2. Avoiding meat and dairy is ‘single biggest way’ to reduce your impact on Earth, du Guardian (2018)
  3. Five ways the meat on your plate is killing the planet, de The conversation.com (2017)
  4. Rising global meat consumption ‘will devastate environment’, du Guardian (2018)
  5. Eating meat has ‘dire’ consequences for the planet, says report du NationalGeographic.com (2019)
  6. The Triple Whopper Environmental Impact of Global Meat Production du Time (2013)
  7. The Real Problem With Beef du New York Times (2019)
  8. Why avoiding meat and dairy won’t save the planet de Climateandcapitalism.com (2018)
  9. Meat and Dairy Production, de WorldInData (2019)
  10. Land use, de WorldInData (2019)
  11. Environmental impacts of food production, de WorldInData (2020)

La consommation moderne de viande est passée de 23 kg / habitant en 1961 et par an à 43 en 2014. Cette croissance est essentiellement liée au fait que les pays qui étaient en voie de développement dans les années 60 se sont développées et rejoignent petit à petit la consommation occidentale. (9) On estime qu’elle va encore augmenter de 76% d’ici 2050 (4)

La production a pour sa part quadruplé, passant de 71 millions de tonnes en 1961 à 318 millions en 2014.La production de lait est en 2018 de 800 millions de tonnes. (9)

Cette consommation / production de masse a des conséquences terribles sur la santé et l’environnement.

Produits animaliers : un problème environnemental

Une alimentation inefficiente

L’élevage suppose de nourrir les animaux élevés. Il y a donc une transformation de nourriture en nourriture … qui a un ratio désastreux.

Ourworldindata (9) nous rapporte une étude, observant :

  • qu’il fallait 25 kg de nourriture pour faire 1 kg de boeuf. (3) Cette masse passe à 15kg pour le mouton ou l’agneau, 6.4kg pour le porc, 3.3kg pour le poulet, 2.3kg pour les oeufs et 0.7kg pour le lait entier.
  • Une autre perspective est de comparer la quantité de protéines consommées et la quantité de protéines produites. Les oeufs et le lait entier sont en tête avec respectivement un taux de conversion de … 25 et 24%, ce qui reste faible : il faut donc au poulet 4 fois l’apport en protéine qu’il produira. Pour le poulet, c’est 19.6%, pour le porc 8.5%, le mouton ou l’agneau 6.3% et enfin, pour le boeuf 3.8%.
  • C’est encore pire si on adopte cette perspective, mais pour comparer l’apport calorique de la nourriture. Le lait reste à 24%, les oeufs descendent à 19%, le poulet à 13%, le porc à 8.6%, le mouton ou l’agneau à 4.4% et le boeuf à 1.9%.

Cela se traduit par une captation, par l’élevage, d’une proportion importante de la production agricole. Les estimations ne coincident pas toujours, mais l’élevage consommerait un tiers du blé produit (1) et, d’après la FAO, mobiliserait près de 80% des terres agricoles (1; 2; 3)

En contrepartie, il ne produirait que 37% des protéines et 18% de l’apport énergétique consommés par les humains. (11)

De même, la production de viande stresserait les réserves d’eau. Ainsi, une étude estimerait la consommation d’eau à 322 litres d’eau par kg pour la production de légumes et 962 pour les fruits, contre 5988l/kg pour le porc et 15415 l/kg pour le boeuf. (1; 3)

C’est un problème qui devient de plus en plus grave, de plus en plus de zones manquant d’eau et les aquifères se tarissant (1).

Plus largement, en mobilisant une large part des ressources agricoles, les élevages participent à

  • augmenter le prix de la nourriture. Rien que si le grain dont sont nourris les élevages était distribué aux humains, on pourrait nourrir 3,5 milliards de personne en plus. (3)
  • Encourager le développement des surfaces agricoles.

Un risque pour la biodiversité

Le développement des terres agricoles, dans une large mesure dédiée aux élevages animaux, est une menace pour la vie sauvage. (2) On estime que, sur 28 000 espèces en danger, 24 000 étaient menacées entre autre part l’agriculture et l’aquaculture. (10)

Plus largement, un chiffre inquiétant laisse sentir le poids que représente l’élevage pour la biodiversité : 86% des mammifères terrestres feraient partie d’un élevage. (2)

Une alimentation polluante

L’élevage serait aussi polluant:

  • Il représenterait une proportion importante des émissions de gaz à effet de serre: 18% (3, 6), 15% (4), 26% (11) ; 83 % de l’empreinte carbone de l’alimentation humaine (11)
  • Les cours d’eau, les excréments du bétail favorisant le développement des algues et libérant dans l’eau des pathogènes et autres polluants (résidus de médicaments, hormones …) (1)
  • Les animaux consomment énormément d’antibiotique : aux US, 80% des antibiotiques sont consommés par du bétail ! Cela favorise le développement de bactéries résistantes, un des problèmes majeurs auxquels le XXIe siècle sera confronté et qui coute déjà la vie à 23 000 américains chaque année. (1 ; 3)

Produits animaliers : une alimentation malsaine

Le lien serait plus clair en matière de cancer colorectal.

L’agence de recherche contre le cancer de l’OMS estime que la consommation moyenne en Europe de viande transformée augmente de 9% le risque de cancer colorectal et que 34 000 cancers sont imputables à la surconsommation de viande transformée (Godfray et al. 2018). (9) La viande transformée a du reste été classée parmi les carcinogènes par l’OMS en 2015 (4).

Une étude britannique évalue qu’il y aurait 8800 cas de cancer en moins en Grande Bretagne par année si personne ne mangeait de viande rouge ou transformée. (4)

Les voix discordantes

Même si tous les articles sont globalement d’accord sur le fait qu’on mange trop de viande et que cela pèse sur l’environnement, on voit s’élever quelques critiques sur le discours que nous venons de décrire : l’impact environnemental et sur la santé serait surestimé et la vision statistique dissimulerait les différences entre exploitations.

Sur l’impact environnemental

Le rapport de la FAO, “Livestock’s long shadow”, est à l’origine d’une large part des données avancées par les articles condamnant la consommation de viande. Néanmoins, il a fait l’objet de quelques critiques. L’une d’elle, est le mode de calcul de l’empreinte carbone des élevages, qui donne une trop grande place au méthane qui, contrairement au CO2, resterait moins longtemps dans l’atmosphère (5; 8)

Sur la santé

Certaines études estiment qu’il y a peu de preuves “pour des mesures et programmes visant à accroitre la consommation de régimes basés sur les plantes et peu de recherche sur les conditions nécessaires pour ce change pour se faire et les procédés impliqués par ce changement.”

C’est surtout vrai pour la viande rouge. (7)

Le problème des grands agrégats

Toutes les formes de consommation de viande sont inclues dans l’ensemble “consommation de viande”. Hors, il n’y a, dans les burgers, que des pièces restant d’autres découpes. En somme, arrêter de manger des burgers ne diminuerait pas (significativement) l’élevage. Il faudrait surtout diminuer la consommation des pièces nobles (entrecotes, filets, etc.) (7)

Les pistes de solutions

On voit se dessiner plusieurs pistes de solutions :

  • Diminuer la consommation de produits animaliers.
  • Diminuer l’impact de la production de produits animaliers.

Les solutions peuvent passer par la création de startups, mais il ne faut pas oublier que les Etats auraient des moyens d’actions importants, par exemple en taxant les produits animaliers et en utilisant les 500 milliards de dollars de subventions au domaine agricole pour encourager les bonnes pratiques. (2)

Diminuer la consommation de produits animaliers

Même s’il n’est pas clair si le végétarisme/véganisme serait une bonne chose ou pas si tout le monde le pratiquait, il est évident qu’il faut réduire radicalement la consommation de produits animaliers, pour encourager des pratiques plus soutenables.

Cela peut passer par une taxation des produits animaliers et des subvention au développement d’alternatives.

Les substituts aux produits animaliers

L’une des solutions les plus répandues pour faire changer les habitudes est de concevoir des produits ayant le gout et l’aspect des produits animaliers, mais étant composés de végétaux. Ainsi, on peut manger de manière plus responsable sans changer ses habitudes.

On trouve principalement des startups qui commercialisent des végétaux imitant la viande, comme les “faux burgers” d’Impossible Food.

Certaines, comme Memphis Meat, développent même des viandes artificielles, produites en laboratoire, même s’il n’est pas clair si la technologie est vraiment viable.

Il y a également des startups, poussées par la demande végane, qui conçoivent des produits végans imitant ceux faits à partir de produits animaliers, comme la crème glacée avec Alpro.

Diminuer l’impact de la production de produits animaliers

L’élevage d’aujourd’hui est très éloigné de celui du début du XXe siècle. Grâce au développement des élevages au grain et en intérieur, le nombre moyen de jours entre la naissance et la vente d’un poulet aux US est passé de 112 en 1925 à 48 aujourd’hui et son poids est passé de 2.5 livres à 6.2 (1)

Repenser l’élevage de demain serait une des manière de répondre aux problèmes que nous avons présentés ici. On peut penser évidemment au Bio, mais aussi à la ferme biodynamique, à la permaculture et à des modèles encore plus récents, comme le silvo paturage, liant forêts et élevage. (1)

Simplement retourner à l’élevage en patûrage serait une avancée (7; 8).

Pour diminuer l’impact de la nourriture des élevages, des startups proposent d’utiliser des insectes ou des algues. Reste à savoir s’ils pourront passer à l’échelle (7).


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